Il avait déjà dit adieu une fois. Mi-octobre 2015, Koffi Olomide sortait « 13e Apôtre », présenté à l’époque comme le dernier album de sa carrière. Un quadruple album fleuve de 40 titres qui devait clore la boucle. Environ onze ans plus tard, le Grand Mopao revient sur sa décision, mais cette fois pour un adieu définitif, et sacré.
Lors de son passage dimanche sur le plateau de « B-One Music », la star de 70 ans a annoncé que son véritable dernier album sera un opus gospel, qu’il ambitionne d’imposer comme une référence en RDC et en Afrique.
« Mon tout dernier album sera un album gospel. Ce sera l’un des meilleurs albums gospel congolais de tous les temps, voire du continent », a-t-il dit avec son assurance légendaire.
Un « dernier album » qui n’a jamais vraiment été le dernier
Car entre ce fameux « 13e Apôtre » et l’annonce du jour, Koffi Olomide n’a jamais vraiment raccroché. Loin de là. Le Grand Mopao a continué d’alimenter sa légende avec une série d’opus et de singles.
On a eu « Nyataquance », plus urbain et provocateur, puis « Légende », un album hommage à sa propre carrière où il se proclamait lui-même « Légende ».
À cela s’ajoutent des titres uniques devenus viraux comme « Élégance » ou encore « 1 Dollar ».
Il n’a pas non plus oublié son écurie : il a entièrement produit et réalisé l’album de sa protégée et épouse musicale, Cindy Le Cœur, intitulé « Suprema Cy », confirmant son rôle de faiseur de stars.
Autant dire que le « 13e Apôtre » n’était qu’un faux départ. Ce futur album gospel, lui, est annoncé comme le vrai point final.
Le précédent de 2015 : un adieu qui contenait déjà Dieu
Ceux qui ont écouté « 13e Apôtre » se souviennent. Au milieu des tubes rumba et ndombolo, Koffi Olomide avait glissé un titre prémonitoire : « 13e Apôtre », la chanson éponyme de l'album.
Ce n’était pas une chanson d’amour. C’était une prière. Un chant d’action de grâce où le Quadra Kora Man rendait grâce à Dieu pour « les bienfaits reçus de Lui », pour une carrière de près de 50 ans, une vie, une survie au milieu des tempêtes.
Et surtout, dans ce morceau au parfum déjà très gospel, il faisait un geste fort, rare pour une star de la musique profane : il dédicaçait la chanson à deux monuments de la musique chrétienne congolaise, aujourd'hui disparus : Alain Moloto, leader du groupe GAEL, et Charles Mombaya, le pasteur-chantre à la voix d’or.
C’était un pont jeté entre deux mondes. Aujourd’hui, Koffi Olomide veut traverser ce pont définitivement.
Une continuité spirituelle assumée
« Dieu garde les yeux rivés sur moi, son fils », a-t-il confié. L’artiste insiste : il a toujours parsemé ses albums de clins d’œil à Dieu, non par vantardise, mais comme témoignage sincère d’un chrétien qui n’a jamais renié sa foi malgré le tumulte du show-business.
Gatien D. Kasongo






