Kinshasa frappe fort dans l’Enseignement Supérieur et Universitaire. Par arrêté du 20 août 2026, la ministre Marie-Thérèse Sombo suspend jusqu’à nouvel ordre toutes les activités académiques 2026-2027 dans 11 établissements publics de Goma et Bukavu, villes sous contrôle des rebelles de l’AFC-M23.
A Goma, l’UNIGOM, l’ISC, l’ISTM, l’ISTA et l’ISP sont victimes de cette mesure exceptionnelle. A Bukavu, elle concerne l’UOB, l’ISC, l’ISTM, l’ISP, l’ISDR et l’ISAM.
La suspension porte sur les inscriptions, les enseignements, les évaluations et les délibérations. Kinshasa invoque la situation sécuritaire et la nécessité de « préserver la valeur des titres académiques délivrés par la RDC ».
Pour éviter une année blanche, une note circulaire du 21 août demande aux établissements des zones non affectées par le conflit d’accueillir les étudiants déplacés de Goma et Bukavu, avec une attention particulière pour les filières de médecine.
Les finalistes 2025-2026 qui n’ont pas pu terminer sont autorisés à parachever leur cursus ailleurs.
En parallèle, la ministre de l’ESU a ordonné la suspension immédiate des rémunérations et la désactivation des listings de paie de 48 membres du personnel qui, selon Kinshasa, ont « rejoint le mouvement AFC-M23 ou prêté allégeance à celui-ci ».
Dans un communiqué ce mercredi, l’AFC-M23 a rejeté les mesures, les qualifiant de « nulles et de nul effet ». Le mouvement appelle les établissements à poursuivre les cours et s’engage à couvrir les frais du personnel dont les salaires ont été suspendus.
Cette réaction intervient alors que se poursuivent les négociations du processus de paix de Doha, déplacé en Suisse où les deux parties ont convenu d’une nouvelle feuille de route pour relancer les pourparlers.
Entre l’impératif de souveraineté académique pour Kinshasa et la volonté de maintien du fonctionnement pour l’administration en place à Goma et Bukavu, les étudiants et enseignants restent pris au milieu, dans l’attente d’une clarification sécuritaire.
TOGE






