Le ministre des Postes et Télécommunications, José Mpanda Kabangu, a effectué, mardi, une visite très symbolique dans les installations techniques de l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPTC).
Objectif : vérifier les nouveaux équipements de contrôle que l’Etat vient d’acquérir pour enfin mesurer, avec des chiffres et non plus avec des promesses, ce que les opérateurs fournissent réellement aux Congolais.
Pendant plusieurs heures, les ingénieurs de l’ARPTC ont détaillé devant le ministre le fonctionnement de ces plateformes. Il s’agit d’un système complet qui permet d’effectuer trois actions que l’ARPTC ne pouvait faire correctement jusqu’ici.
D’abord, suivre la qualité de service réelle sur l’ensemble du territoire, ville par ville, antenne par antenne. Ensuite, contrôler les flux de trafic pour savoir ce qui transite vraiment sur les réseaux. Enfin, gérer et surveiller le spectre des fréquences pour éviter le brouillage et les utilisations anarchiques.
Concrètement, ces machines offrent une vision en quasi temps réel de ce que font Vodacom, Orange, Airtel et Africell. Elles permettent au régulateur d’accéder directement aux données des opérateurs, de les traiter en interne et de les remonter aux décideurs sans dépendre des rapports d’auto-évaluation fournis par les entreprises elles-mêmes. C’est une révolution dans la méthode.
Le ministre José Mpanda a été clair : ces investissements ne sont pas du matériel de décoration. Ils doivent servir à faire appliquer les cahiers des charges.
Chaque opérateur a signé, au moment d’obtenir sa licence, des engagements précis sur le taux de disponibilité du réseau, le débit minimum de l’internet, le taux de coupure des appels et la couverture des zones rurales.
Des obligations qui sont restées largement théoriques faute d’outils de constatation.
Désormais, l’ARPTC aura les moyens de prouver objectivement les manquements. Et qui dit preuve, dit sanction. La loi congolaise prévoit des pénalités financières, des mises en demeure et, dans les cas extrêmes, des mesures plus lourdes. Le ministère veut que cette chaîne soit enfin activée.
La présence aux côtés du ministre du Conseiller principal chargé du Numérique à la Présidence de la République et de celui de la Primature donne à cette visite une portée politique. Ce n’est plus seulement le dossier d’un ministère technique, c’est un engagement de l’ensemble de l’Exécutif qui promet une riposte à la dégradation continue du service.
Pour les millions de Congolais qui dépensent chaque jour une part importante de leurs revenus en forfaits data, l’attente est désormais simple : que ces écrans de contrôle dans les bureaux de l’ARPTC se transforment en une connexion stable sur leurs téléphones.
Gatien D. Kasongo






