Le lundi 1er septembre 2026 s’annonce comme une journée à haut risque à Kinshasa. Deux décisions majeures, qui tombent à la même date, menacent de paralyser la capitale : la grève décrétée par la SYECO et l’opération de bouclage généralisé pour défaut de contrôle technique.
Double peine pour les élèves Kinois
D’un côté, la rentrée des classes est directement menacée. Réunie mercredi en assemblée générale extraordinaire, la SYECO a annoncé la non-reprise des cours.
Sa Secrétaire générale, Cécile Tshiyombo, conditionne la rentrée à la satisfaction de revendications historiques : mécanisation et paie de tous les enseignants Nouvelles unités (NU) et Non payés (NP), salaire de base de 500 dollars, couverture santé et retraite digne.
Le mot d’ordre est clair : les parents sont appelés à garder leurs enfants à la maison.
De l’autre, se déplacer à Kinshasa va devenir un casse-tête. La Régie des fourrières et de contrôle technique (RFCK) a confirmé le 31 août comme date butoir définitive.
Dès le 1er septembre, un bouclage systématique sera lancé sur toute l’étendue de la ville. Tout véhicule sans certificat de contrôle technique valide sera mis en fourrière.
Le décor est planté : le jour même où les élèves devraient reprendre le chemin de l’école, les routes seront sous haute surveillance.
La hantise du transport en commun
La coïncidence est explosive. La pénurie de transport en commun est déjà le lot quotidien du Kinois. Avec cette mesure, le peu de bus, taxis et taxis-bus encore en circulation ne sera pas totalement opérationnel.
Les propriétaires, souvent récalcitrants face à ce type de contrôle, préfèrent garer leurs véhicules plutôt que de se mettre en règle, réduisant drastiquement l’offre.
Conséquence directe : rareté des bus, hausse des prix, bousculades aux arrêts. Comment envoyer les enfants à l’école quand il faut déjà deux heures pour trouver un transport ?
Un scénario qui se répète, mais un Gouvernement qui anticipe
Les annonces de grève à la veille de chaque rentrée sont devenues une constante depuis plusieurs années en RDC. Le bras de fer entre le banc syndical et le Gouvernement rythme quasiment toutes les rentrées scolaires.
Face à cette nouvelle menace, l’Exécutif a tenté d'anticiper. Le ministère des Finances, à travers le CSP, a instruit les banques commerciales, déjà servies, d’accélérer les opérations de paie des agents de l’État, avec priorité donnée aux enseignants, pour garantir une rentrée apaisée.
Reste à savoir si cette réponse financière suffira à désamorcer la crise. Car cette année, à la crise sociale dans l’éducation s’ajoute une crise de mobilité urbaine.
Si aucun compromis n’est trouvé d’ici lundi, Kinshasa risque de vivre une rentrée sous haute tension, où les salles de classe resteront vides non seulement à cause de la grève, mais aussi parce que les élèves ne pourront tout simplement pas s’y rendre.
Gatien D. Kasongo






