Félix Tshisekedi fixe une ligne rouge claire pour son dialogue national : pas de place pour ceux qui ont pris les armes contre la République.
Dans son discours à la Nation ce jeudi, le Chef de l’État a défini les critères d’exclusion du processus :
« Ne pourront donc pas participer à ce Dialogue en qualité de composantes politiques ceux qui, à l’ouverture du processus, combattent par les armes l’ordre constitutionnel, occupent par la force une partie du territoire national, administrent illégalement des entités de la République ou agissent au service d’une puissance étrangère, en l’occurrence le Rwanda. »
Une formule qui vise sans le nommer l’Alliance Fleuve Congo (AFC) de Corneille Nangaa, alliée au M23, qui contrôle plusieurs localités dans l’Est, et qui administre de fait des entités de la République.
Pour le Président, cette exclusion n’est pas une manoeuvre politique.
« Cette règle ne constitue pas une exclusion fondée sur les personnes, les opinions ou les appartenances. Elle exprime la réprobation de la Nation à l’égard de ceux qui mènent la guerre contre la République, ses institutions et ses citoyens, tout en revendiquant les droits attachés à la vie démocratique », a-t-il justifié.
Un tacle aux exigences de l’opposition
Cette position tranche net avec les revendications d’une partie de l’opposition, notamment le bloc réuni autour de l’ancien Président Joseph Kabila, la coalition C-64 et d’autres figures socio-politiques qui poussent pour un dialogue inclusif intégrant l’AFC-M23, son chef Corneille Nangaa, et toutes les personnalités ayant rallié la rébellion.
En excluant les groupes armés occupant une partie du territoire et agissant selon lui pour le compte du Rwanda, Tshisekedi entend dissocier deux processus : le dialogue politique interne entre Congolais d’un côté, et les négociations sécuritaires avec la rébellion de l’autre, menées dans le cadre du processus de Doha.
Le message est clair : le dialogue national ne sera pas une tribune pour légitimer la rébellion, mais un espace réservé à ceux qui, selon la formule présidentielle, défendent la République par la voie démocratique.
TOGE






