Dans son adresse à la Nation ce jeudi, le Président Félix Tshisekedi a posé les bases de son dialogue, présenté comme une initiative « souveraine, conçue par les Congolais et pour les Congolais, conduite sur le territoire national et orientée exclusivement vers les intérêts supérieurs de la Nation ».
Alors que les précédents dialogues et concertations politiques se sont presque toujours ouverts et conclus à Kinshasa, Tshisekedi a annoncé une inversion totale de la méthode.
« Ce Dialogue national se distinguera d’abord par son ancrage territorial : il ne commencera pas à Kinshasa, mais au cœur de nos 26 provinces, de nos territoires et de nos communautés », a-t-il déclaré.
Avant toute assise nationale dans la capitale, « une vaste consultation politique et technique sera organisée dans chaque province ».
Le format est détaillé : des forums préliminaires seront organisés dans chaque chef-lieu provincial. Autour de la table, le Président veut voir se réunir toutes les forces vives de chaque province : populations et autorités locales, députés nationaux et sénateurs élus de la province, représentants des entités territoriales décentralisées et déconcentrées, partis et regroupements politiques de la majorité et de l’opposition, société civile, autorités coutumières, confessions religieuses, ainsi que les milieux professionnels, économiques, universitaires et scientifiques.
Le message est transparent : le dialogue de Tshisekedi réunira « les filles et les fils de notre pays autour d’un impératif qui dépasse nos personnes, nos partis et nos ambitions, à savoir : défendre la République, consolider la paix, préserver l’unité nationale et protéger nos intérêts stratégiques ».
Kinshasa comme aboutissement
Dans cette architecture, la capitale perd son statut de point de départ pour devenir le lieu de la synthèse nationale.
« Ainsi, les assises de Kinshasa ne seront pas le point de départ du dialogue, mais l’aboutissement d’une parole recueillie à travers tout le pays », a insisté le Chef de l’État.
L’idée est de renverser la perception d’un dialogue imposé d’en haut.
« Le peuple congolais ne sera pas appelé à entériner les conclusions d’une négociation menée sans lui : il sera la source, la conscience et le véritable auteur de ce processus », a conclu Félix Tshisekedi.
Un pari sur la légitimité populaire pour refonder l’État, à l’heure où l’Est du pays reste en proie à la guerre et où la cohésion nationale est mise à rude épreuve.
Gatien D. Kasongo






