C’est un chiffre qui donne le vertige. Plus de 300 000 agents et fonctionnaires de l’État continueraient de travailler alors qu’ils ont largement dépassé l’âge légal de la retraite.
L’alerte vient du sommet de l’État. Lors du Conseil des ministres tenu vendredi à Kinshasa, Félix Tshisekedi a dressé un constat sévère : l’administration congolaise est bloquée par le poids de l’âge.
Selon lui, des milliers de bureaux sont encore occupés par des agents de 70, 80, voire 90 ans, qui devraient depuis longtemps avoir cédé la place.
Ce qui provoque l’arrêt du processus de rajeunissement de l’administration publique et favorise l’explosion de la masse salariale.
Le Chef de l’État ne veut plus de demi-mesures. Il a instruit le Gouvernement de mettre en place un mécanisme inédit : un plan trimestriel permanent de mise à la retraite.
Ce plan devra concerner tous les régimes, aussi bien général que particuliers, et s’appliquer sans interruption.
Mais pas question de jeter les anciens à la rue. Tshisekedi insiste : ce vaste dégraissage doit garantir un départ digne. Concrètement, il exige le paiement effectif et immédiat des indemnités de fin de carrière et des pensions.
Reste la grande question : comment financer le départ de 300 000 personnes ?
Le Président a déjà balisé la piste. Il demande au Gouvernement d’explorer des solutions « innovantes et pérennes », en s’appuyant sur le secteur bancaire et en valorisant les réserves et les placements de la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics (CNSSAP).
Une réforme à haut risque, mais jugée vitale pour déboucher l’administration et ouvrir enfin la porte aux jeunes.
TOGE






