Le Conseil d’État a rejeté ce mercredi le recours de Jeanne-Blandine Kawanda Walwom contre sa suspension de la direction générale de la Congolaise des voies maritimes (CVM), selon les informations relayées par le journaliste Edmond Izuba.
Suspendue le 11 mai 2026 par la ministre du Portefeuille Julie Shiku, l’ancienne DG était au cœur d’une affaire de marché à 44 millions de dollars pour l’achat d’une drague.
Un gré à gré à 44 millions bloqué par la Primature
Le dossier porte sur l’acquisition d’une drague autoporteuse destinée à désenvaser le bief maritime du fleuve Congo. Un contrat négocié en gré à gré avec le néerlandais IHC DREDGING, sans appel d’offres.
La DGCMP relève un prix jugé excessif et un dossier incomplet. La Première ministre Judith Suminwa tranche : refus d’approbation. Les conditions légales du gré à gré ne sont pas remplies, un appel d’offres concurrentiel est exigé.
La suspension tombe dans la foulée. Une commission d’audit de 14 membres est mise en place, composée d’inspecteurs des finances, de délégués du Portefeuille, des Transports, des Finances, du Conseil supérieur du portefeuille, de la FEC et de la Primature.
Guerre ouverte à la direction
Écartée, Blandine Kawanda contre-attaque. Sur le plan judiciaire avec son recours au Conseil d’État, et sur le plan médiatique. Ses proches accusent le PCA Christophe Ngoyi d’avoir lui-même proposé une autre drague à 100 millions de dollars. Ce dernier porte plainte pour diffamation.
À la CVM, l’intérim est assuré par le DGA Sele Yamba, qui tente de stabiliser l’entreprise : dialogue social, primes, réfection des bureaux et normalisation des relations avec le Conseil d'administration et la FEC.
Pour l’Exécutif, le signal est clair : pas de marché à 44 millions sans concurrence.
Un précédent qui rappelle le passage de Blandine Kawanda à la DGDA, où elle avait déjà été écartée après des conflits ouverts avec ses deux adjoints.
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