C’est devenu une routine macabre à Kinshasa. Ce mardi, un nouvel incendie s’est déclaré à Barumbu, sur l’avenue Kongolo, au quartier Diamant vert. Le quatrième en seulement cinq jours dans la capitale.
Le feu a pris dans une propriété privée en fin d’après-midi. En quelques minutes, les flammes ont tout dévoré. Sur place, les autorités municipales sont arrivées rapidement, mais les bras ballants, impuissantes face à l’ampleur du sinistre.
Et pour cause : les sapeurs-pompiers ont mis plus de deux heures à arriver.
Deux heures. Pendant deux heures, ce sont les habitants de Barumbu qui ont tenté l’impossible, seaux d’eau et moyens de bord, pour empêcher le feu de se propager aux parcelles voisines.
Scène surréaliste quand le camion est enfin arrivé : des pompiers pris à partie par une population en furie. La colère d’un peuple abandonné.
Le bilan est lourd. Aucune perte en vie humaine selon les premiers témoignages, mais les dégâts matériels sont immenses. Tout est parti en cendres.
Ce drame de Barumbu n’est pas un fait divers. C’est le symptôme d’une capitale qui brûle.
Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, la salle de fêtes Panacée à Lingwala a été consumée par les flammes en plein célébration d’un mariage. Bilan officiel : 12 morts.
Lundi, deux incendies se sont déclarés, d’abord vers 13h au petit collège Saint-Pierre dans la commune de Kinshasa, ensuite dans la soirée à Limete 1ère Rue, dans la salle Bonne Auberge, située à quelques encablures de la concession de l’Office des Routes. Comme à Barumbu, aucun dégât humain n’a été déploré.
Quatre incendies. Cinq jours. Un même dénominateur : des secours qui n’arrivent jamais ou toujours en retard.
Kinshasa, 17 millions d’habitants, compterait moins de cinq camions anti-incendie opérationnels. L’aveu glaçant est d’une autorité qui s’est confiée à Actualite.cd sous le sceau de l’anonymat.
Le ministre de l’Intérieur Jacquemain Shabani a bien ordonné le contrôle des cadres accueillant du public et exigé la fermeture de tout espace non conforme. Mais qui va éteindre l’incendie de l’incurie ?
Gatien D. Kasongo






