Stérile jusqu’ici, l’histoire d’amour entre la tanière et Afimico Pululu va enfin porter du fruit.
L’attaquant d’Al Hazem, en Arabie Saoudite, a toujours ouvert la porte aux Léopards. Pourtant, il n’a jamais enfilé le maillot national. Entre blessures, timing manqué et choix techniques, les planètes ne se sont jamais alignées.
Et il faut dire que le joueur n’est jamais vraiment rentré dans les plans de Sébastien Desabre.
La hiérarchie du technicien pour la pointe a toujours été claire : Cédric Bakambu, deuxième meilleur buteur de l’histoire des Léopards, en tête, suivi de Fiston Mayele, Simon Banza et Samuel Essende. Et parfois, Yoane Wissa en faux 9.
Bakambu non convoqué, Pululu le remplace. Plus qu’une simple décision technique, une opportunité en or pour le natif de Luanda qui a tourné le dos à l’Angola pour s’offrir la tanière.
Il a décliné la convocation des Palancas Negras, en 2022, 2023 et en 2025, se considérant « 100% Congolais » bien que né à Luanda.
« Je suis un fan des Léopards, comme tout bon Congolais qui se respecte. Ce sont mes racines... Je serais très enchanté de représenter les Léopards », confiait-il à Léopards Foot en novembre 2024.
Six mois plus tard, sur RFI, il se montrait plus indécis, laissant la porte ouverte aux deux pays, tout en affichant sa préférence.
« Je me laisse le droit de réfléchir... Je vais suivre mon instinct. Quand j’aurai fait mon choix, je le déclarerai. Mais c’est un fait, je n’ai pas un grand attachement avec l’Angola ».
Né à Luanda le 23 mars 1999 de parents congolais, Afimico Pululu rallie la France à 1 an et demi.
« Donc j’ai peu de souvenirs de l’Afrique malheureusement », disait-il.
Mais ses liens avec le continent sont restés forts. Élevé à Mulhouse, dans l’Est de la France, dans la culture congolaise, il parle lingala et écoute la rumba congolaise.
Un cocktail qui a fini par peser lourd face à l’Angola. Tout comme l’épopée des Léopards, demi-finaliste à la CAN 2023 et mondialiste cette année.
Une compétition à laquelle il pouvait participer. Présent dans la pré-liste de Desabre pour le Mondial 2026, il n’a finalement pas été retenu pour le voyage aux États-Unis.
Mais qui est vraiment Afimico Pululu, ce petit gabarit qui a fait chavirer la Pologne ?
Ce n’est pas un produit de l’académie à la mode. C’est un bosseur parti de Mulhouse avant de rejoindre le FC Bâle en Suisse en 2013, à seulement 14 ans. C’est là qu’il signe son premier contrat pro et découvre la Super League.
Pour s’aguerrir, il prend le chemin de Neuchâtel Xamax en prêt, puis de Greuther Fürth en Allemagne. Pas de lumière, mais de l’apprentissage.
Le déclic, c’est la Pologne. En janvier 2023, il signe au Jagiellonia Bialystok pour 0 euro. Un pari. En 18 mois, il devient une star.
Champion de Pologne en 2024, co-meilleur buteur de la Conference League 2024-2025 avec 8 buts, il finit la saison avec 21 buts toutes compétitions confondues. Un profil de finisseur pur, mais pas que.
Cet été, il passe un nouveau cap : Al Hazem débourse près de 3 millions d’euros pour l’attirer en Saudi Pro League. Contrat jusqu’en 2028.
Débuts déjà prometteurs : 6 titularisations en 6 matches, 3 buts dont un doublé en King’s cup.
Que peut-il apporter aux Léopards ?
Une vraie alternative. Dans une attaque de géants (Banza 1,8m, Essende 1,9m, Mayele 1,8m), Pululu est un profil de rupture. Et, il le revendique lui-même.
« Un profil différent. De ce que j’ai pu voir, la plupart des attaquants sont grands. Moi je suis petit, 1m75, rapide et j’aime attaquer la profondeur. J’apporterais donc cette variété en attaque », expliquait-il.
C’est un attaquant de surface pur : 3,2 tirs par match la saison dernière, dont 48% cadrés
Il se voit en « 9 et demi », en deuxième pointe, là où il peut combiner, garder le ballon et prendre la profondeur.
Rapide, 34,1 km/h en pointe de vitesse, costaud malgré sa taille, fort en un contre un avec 50% de dribbles réussis, habile face au but, et très fort dos au but pour garder le ballon (près de 2 fautes en moyenne par match).
Dossier administratif en ordre depuis longtemps, passeport congolais déjà en poche, il n’attendait que le feu vert sportif pour faire profiter ses qualités techniques aux Léopards. C’est désormais fait.
À 27 ans, Afimico Pululu n’est plus une promesse. C’est un attaquant à maturité qui arrive pour rester dans la tanière.
Son défi désormais est de transformer l’amour de jeunesse pour les Léopards en buts au stade des Martyrs.
La Rédaction


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