L’Église a remis le couvert. Ce mercredi, la salle Saint Sylvestre du Centre interdiocésain a accueilli la deuxième édition de la Journée nationale Justice et Paix.
Thème du jour : comprendre les enjeux du dialogue initié par le chef de l’État.
Trois voix, trois courants, un même plateau. Patrick Muyaya pour le pouvoir, Martin Fayulu pour l’opposition, et Marie-Ange Mushobekwa, ancienne ministre des Droits humains et membre de Sauvons le Congo, la plateforme de Joseph Kabila, assimilée à l'aile politique de l'AFC/M23.
L’initiative vient de la Commission Justice et Paix de la CENCO. Son secrétaire exécutif, Cyril Ebotoko, assume le choix : offrir un espace de réflexion après les deux événements organisés par la présidence.
Deux panels au total pour décortiquer les conditions d’un dialogue « national et inclusif ».
Sur le fond, tout le monde dit oui au dialogue. Sur la forme, le consensus vole en éclats.
Pour Patrick Muyaya, ministre de la Communication, il est trop tôt pour crier au boycott. Le dialogue est un processus, argue-t-il, qui peut évoluer au fil des discussions. Chacun y trouvera son compte, promet-il. Et surtout, assure le porte-parole du gouvernement, celui initié par Félix Tshisekedi « n’exclut personne ».
En face, Marie-Ange Mushobekwa pose ses conditions. Un vrai dialogue, dit-elle, c’est tous les Congolais autour de la même table, y compris ceux qui sont hors du pays.
Elle demande au pouvoir de décrisper le climat politique. Et pour la facilitation, elle ne jure que sur CENCO et de l’ECC. Sans eux, pas de crédibilité, selon cette figure de l’opposition accusée d’avoir pris les armes.
Martin Fayulu, lui, douche l’enthousiasme. Dans son format actuel, après l’ordonnance du chef de l’État, rien ne garantit l’inclusivité, tranche le leader de l’ECiDé. Il réclame un dialogue élargi, qui intègre aussi ceux qui ont pris les armes.
Sans les acteurs de la crise armée à l’Est, pas de solution durable à la crise congolaise, estime-t-il.
Un dialogue oui, mais lequel ? En attendant, le pouvoir avance. Le comité préparatoire du dialogue est déjà été institué pour baliser le format, l’agenda et les participants.
La CENCO, elle, aura au moins eu le mérite de faire se parler des camps qui ne se parlent plus.
TOGE






