Le retour à la normale entre la Belgique et le Rwanda ne vaut pas blanc-seing pour Kigali dans le dossier congolais.
C’est le message que le ministre belge des Affaires étrangères a tenu à faire passer, en marge de l’annonce du rétablissement des relations diplomatiques.
« Nous avons convenu de l’importance de dialoguer systématiquement, y compris sur nos points de divergences qui persistent, comme sur le conflit dans l’Est de la RDC. Rétablir des relations diplomatiques entre États ne signifie pas renier nos positions mais disposer de canaux structurés de dialogue, et je continuerai à défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté de la RDC », a-t-il précisé dans un post sur X.
Le chef de la diplomatie belge ajoute vouloir « utiliser [l’]expertise dans la région pour soutenir au mieux les efforts de médiation » et promet de « continuer d’exhorter au respect strict des engagements pris par toutes les parties dans le cadre des processus de Doha et de Washington ».
Une rupture née de la position sur l’Est
Cette clarification devrait rassurer Kinshasa. Pour rappel, c’est précisément la position belge sur la guerre dans l’Est qui avait provoqué la crise diplomatique avec Kigali en mars 2025.
Bruxelles avait alors été l’une des capitales les plus fermes d’Europe à condamner l’offensive du M23 soutenu par le Rwanda, à exiger le retrait immédiat des troupes rwandaises du sol congolais et à pousser pour des sanctions européennes contre des responsables rwandais.
Kigali avait riposté en rompant ses relations diplomatiques avec la Belgique, l’accusant de parti pris.
En renouant le fil aujourd’hui, la Belgique ne renonce donc pas à son exigence de base : le respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de la RDC, et le retrait des forces rwandaises.
L’enjeu pour l’ancienne métropole est de rouvrir un canal direct avec Kigali pour peser davantage dans les médiations américaine (processus de Washington) et qatarie (processus de Doha), tout en gardant la même boussole diplomatique.
Gatien D. Kasongo






