En marge de la 81e Assemblée générale de l’ONU, le Président burundais Evariste Ndayishimiye a accordé une interview à France 24 dans laquelle il est notamment revenu sur le conflit dans les Grands Lacs entre la RDC et le Rwanda.
Fidèle à sa ligne, il a pris clairement position pour Kinshasa.
Le Chef de l’État burundais accuse le Rwanda de bloquer la clause de cessez-le-feu prévue dans l’accord de paix de Washington, en refusant de retirer ses troupes de l’Est de la RDC.
Pour lui, les choses sont de « plus en plus claires » : la question des FDLR n'est qu’un « alibi » pour justifier son invasion.
DayNewsRDC vous propose un extrait de cette interview.
Sur le non-respect de l’accord de Washington
À chaque fois que deux parties acceptent de signer un accord et qu’elles ne le mettent pas en œuvre, c’est toujours inquiétant. On se demande si c’était un jeu.
Comme je n’ai pas participé aux discussions, je ne peux pas comprendre pourquoi il n’est pas exécuté.
Signer un accord est une chose. Le mettre en œuvre en est une autre. Jusque maintenant, nous sommes dans l’impasse.
Qui est à blâmer ?
Quand il y a un accord de cessez-le-feu, il doit d’abord y avoir un désengagement des forces.
Si les forces ne sont pas séparées, ne se sont pas désengagées, comment parler de cessez-le-feu ? Il y a toujours un risque d’affrontements parce qu’elles sont restées au front.
Les Rwandais sont-ils restés au front ?
Les Rwandais sont restés au front. Ils ne se sont pas retirés.
Comme c’est un conflit armé presque international, si on parle de retrait des troupes, le Rwanda va se retirer vers où ? Vers la RDC ou vers le Rwanda ?
Là-bas, c’est une guerre un peu hybride, avec une tendance de conflit armé interne et de conflit armé international.
Si réellement on voulait la paix au Congo, le Rwanda doit se montrer positif par rapport au désengagement.
Le M23, en tant que Congolais, devrait aussi entamer le processus : aller dans une zone de rassemblement et chercher des garanties de sécurité.
Jusque maintenant, je ne vois pas un signe manifeste de désengagement.
Même s’il n’y a pas de crépitement d’armes, quand les forces sont encore là, c’est toujours risqué.
Sur les FDLR, alibi du Rwanda pour justifier la présence de ses troupes en RDC
La question des FDLR devient de plus en plus claire. Le Gouvernement congolais s’était engagé à faire en sorte que les FDLR soient anéanties et il a entamé le processus de localisation. Il a trouvé les responsables. Il sait où ils se trouvent.
Les unités burundaises n’avaient jamais vu ces unités. Selon ce qui nous avait été dit, ils ne sont pas dans des zones sous la responsabilité de l’armée burundaise.
Il y a ceux qui sont dans des zones contrôlées par l’AFC-M23 et le Rwanda, et ceux qui sont dans des secteurs sous contrôle du Gouvernement congolais.
Pour ceux qui sont dans des zones contrôlées par le Gouvernement congolais, Kinshasa a fait une tournée dans la région pour présenter son plan et démontrer comment il compte anéantir les FDLR.
Mais comment Kinshasa va-t-il anéantir ceux qui sont dans des zones contrôlées par l’AFC-M23 et le Rwanda ?
Si je constate que le Rwanda ne fait rien pour les FDLR qui sont dans des zones sous son contrôle, c’est que finalement, [ils devraient déjà vider la question, Ndlr].
Pour vous, c’est un alibi ?
Je crois qu’il y a un agenda caché. Ce qui se dit, ce n’est pas ce qui se fait.
Retranscription de TOGE






