Le cap des 2.000 morts vient d’être franchi. Trois mois après la déclaration de la 17e épidémie d’Ebola en RDC, le ministère de la Santé a enregistré un total de 2.011 décès sur 4.381 cas confirmés, selon le dernier bilan publié.
Le taux de létalité s’établit désormais à 46%.
L’épidémie touche 5 provinces : l’Ituri, le Sud-Kivu, le Nord-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uélé.
L’Ituri reste l’épicentre de la flambée, avec Bunia comme point focal. C’est de là que revient Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, Africa CDC.
Il a également effectué une mission en Ouganda voisin, où l’épidémie a pu être maîtrisée. Son constat pour la RDC est sévère.
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, Jean Kaseya dresse un bilan sans concession de la riposte.
« L’épidémie d’Ebola en RDC n’est pas sous contrôle et son extension n’est pas contenue », affirme-t-il.
Paiements en retard et sous-détection : les failles pointées
Le patron d’Africa CDC détaille les failles d’un dispositif congolais qu’il juge encore en retard sur la propagation du virus.
Il pointe d’abord les retards de paiement des équipes de riposte. Selon lui, cette situation freine la mobilisation et la traçabilité des contacts.
Il déplore ensuite la sous-détection massive des cas. Pour lui, de nombreux malades échappent encore aux radars des équipes de surveillance, particulièrement dans les zones d’accès difficile et en situation d’insécurité.
Pour Jean Kaseya, ces deux facteurs, non exhaustifs, expliquent pourquoi le virus continue de circuler et de franchir les frontières provinciales malgré les efforts déployés.
La riposte se poursuit, la pression monte
Face à ces chiffres, les autorités sanitaires assurent que la riposte se poursuit : vaccination, isolement des cas, sensibilisation communautaire et prise en charge dans les CTE sont maintenus.
Mais avec un taux de létalité à 46% et plus de 2.000 morts en 3 mois, la pression est énorme.
L’expérience ougandaise, où l’épidémie a été contenue, est désormais citée en exemple par Africa CDC pour demander une accélération et un meilleur financement de la réponse en RDC.
Gatien D. Kasongo






