Noir total sur le débat politique. L’AFC-M23 a interdit tout débat politique dans les médias opérant sous son administration au Sud-Kivu et banni tout relais de l’actualité en provenance de Kinshasa.
La mesure a été annoncée mercredi à Bukavu, selon une alerte de l’organisation Journaliste en Danger (JED).
Tout est parti d’une réunion convoquée la veille par Lawrence Kanyuka, chef du département de la communication, des médias et des postes de la coalition rebelle.
Face aux responsables de radios, télévisions et médias en ligne, il a sommé les médias de se conformer à la note circulaire n°33, édictée unilatéralement par le mouvement.
Le texte impose une redevance annuelle, une autorisation de fonctionnement et une assignation de fréquence. Un détachement d’inspection est annoncé pour traquer les récalcitrants, sous menace de fermeture immédiate.
Mais au-delà de la taxe, c’est une censure politique assumée. Interdiction formelle de diffuser toute information jugée favorable au gouvernement congolais, aux FARDC ou aux milices Wazalendo.
Motif invoqué : un prétendu « principe de réciprocité » face aux restrictions imposées par Kinshasa aux médias pro-M23.
À la place, les médias sont sommés de couvrir les activités de l’AFC-M23 et de privilégier des thématiques « consensuelles » : paix, environnement, éducation, santé, sous validation préalable de sa cellule de communication.
Selon JED, cette nouvelle dérive fait suite à une émission de Radio Bukavu FM où l’acteur politique Blaise Maseka avait dénoncé l’expulsion de la mère de l’ancien ministre Claude Nyamugabo de sa maison familiale.
L’ONG qualifie ces mesures de « censure politique et idéologique » visant à « réduire au silence les voix divergentes » et exige leur retrait immédiat.
Gatien D. Kasongo






