Double honneur pour le commandant du Service national. Le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik a été élevé, jeudi, au grade de Commandeur de l’Ordre national par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Il a également reçu la Médaille du Mérite agricole.
Selon la Présidence, cette double décoration vient saluer un parcours à l’intersection de la production agricole, de la réinsertion sociale et de l’assainissement urbain.
Le bâtisseur du Service national
À la tête du Service national depuis juillet 2018 (une structure créée par décret-loi en 1997 sous Laurent-Désiré Kabila et longtemps restée en sommeil), le général Kabwik a imposé une méthode : discipline paramilitaire, organisation logistique et mise au travail.
Son chantier le plus emblématique reste Kaniama-Kasese, dans le Haut-Lomami, devenu Centre Félix-Antoine Tshisekedi. C’est là qu’il a développé sa doctrine de récupération des jeunes dits « Kulunas ». Plus de 2 000 jeunes, dont 33 femmes, transférés de Kinshasa, y ont suivi une formation à l’autodéfense, à l’éducation civique et à un métier, avec l’objectif affiché de les transformer en « bâtisseurs » de la Nation.
Le volet agricole est l’autre pilier. Sous son commandement, le Service national s’est mué en producteur. Plusieurs milliers de tonnes de maïs sont récoltées chaque saison sur les domaines de Kaniama, acheminées et transformées.
L’opération de vente sociale au camp Tshatshi en juillet 2025 (4 000 sacs de 25 kg à 18 000 FC contre 75 000 FC sur le marché) avait illustré cette stratégie d’autosuffisance alimentaire au profit des FARDC et des populations.
Deux minoteries, l’une au camp Tshatshi et l’autre à Kaniama, sont en cours de construction pour boucler la chaîne.
C’est pour cette contribution à la mise en valeur des terres, à la production et à la promotion de l’agro-pastoral que lui est décernée la Médaille du Mérite agricole.
L’homme chargé de nettoyer Kinshasa
La seconde raison de la distinction est plus récente, mais hautement visible pour les Kinois.
Kinshasa étouffe. Près de 20 millions d’habitants, des caniveaux obstrués, des montagnes d’immondices çà et là, des marchés sauvages et des embouteillages chroniques.
Face aux « limites persistantes des mesures actuelles », Félix Tshisekedi a décidé fin mai de créer une Task Force pluridisciplinaire placée sous son autorité directe, pour une « cure de jouvence urbaine ».
Il en a confié les commandes au général Kabwik. Le choix n’est pas anodin. Pour la Présidence, le patron du Service national apporte la rigueur et la capacité à déployer rapidement des hommes.
4 000 à 5 000 jeunes bâtisseurs formés à Kaniama-Kasese ont été mobilisés pour le curage des caniveaux, l’éradication des dépotoirs sauvages et le ramassage systématique des ordures à travers les 24 communes.
« La salubrité n’est pas un luxe : c’est une condition de santé publique et de dignité », martèle la Présidence. En confiant cette bataille à un officier de terrain réputé pour son efficacité, le Chef de l’État veut « passer de l’affichage à l’efficacité » et redonner à « Kin la Belle » un visage digne d’une capitale moderne.
La double décoration de ce jeudi vient donc consacrer cet officier supérieur, devenu l’un des bras opérationnels du Président sur les fronts social, agricole et urbain.
TOGE






