La Coalition C64 a décidé de surseoir à la marche pacifique prévue ce mercredi pour « donner une chance au dialogue » annoncé le week-end dernier par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi.
Les 5 leaders de cette plateforme de l’opposition l’ont annoncé dans une déclaration rendue publique ce lundi. Elle fait suite à une séance de travail avec les églises catholique et protestante, organisée samedi à Kinshasa.
Les deux confessions religieuses, en leur qualité de médiatrices, avaient demandé aux opposants de reporter leur manifestation en raison de la convocation imminente du dialogue.
En annulant sa marche, la C64 dit répondre à l’appel lancé samedi par la CENCO et l’ECC.
« Cette décision constitue un geste de responsabilité. Elle traduit la volonté de la Coalition d’épuiser toutes les voies du dialogue avant d’envisager toute nouvelle mobilisation citoyenne », explique la déclaration.
Pour maintenir la pression, les opposants ont fixé un ultimatum : le pouvoir a jusqu’au 15 août pour convoquer officiellement le dialogue national. Faute de quoi, la rue sera réactivée.
« Si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué au plus tard le 15 août 2026, ou si les engagements annoncés demeurent sans traduction concrète, la Coalition en tirera toutes les conséquences politiques et appellera le peuple congolais à reprendre les actions citoyennes pacifiques », prévient la C64.
Ligne rouge : pas de remise en cause de la Constitution
Par ailleurs, la Coalition prend acte de l’annonce, par la Présidence de la République, d’un « dialogue inclusif, apaisé, résolument républicain, dans le respect des institutions et de la Constitution ». Elle réaffirme cependant que le peuple congolais « ne permettra aucune remise en cause de la Constitution ».
Pour la C64, le dialogue « ne saurait constituer un instrument destiné à remettre en cause les principes fondamentaux de la Constitution ». Il doit au contraire servir à traiter les causes profondes de la crise : l’agression dans l’Est, la crise de gouvernance, les difficultés économiques et sociales, ainsi que les réformes nécessaires à la paix et à l’unité nationale.
La C64 exige des « mesures de confiance et de décrispation » et met en garde contre « toute nouvelle mesure allant dans le sens de la poursuite du processus de changement de la Constitution, notamment la promulgation de la loi sur le référendum ».
Gatien D. Kasongo





