Le mouvement « Sauvons la RDC », initié par l’ancien Président Joseph Kabila, a posé ses conditions pour participer au dialogue annoncé par le Chef de l’État Félix Tshisekedi.
Dans une déclaration publiée le week-end dernier, la plateforme a détaillé 7 préalables qu’elle juge « non négociables » pour garantir la crédibilité du processus.
Pour le camp Kabila, tout commence par la médiation. Elle doit être « neutre » et adossée à l’Union africaine et à l’ONU afin de garantir l’impartialité des échanges.
Les pro-Kabila exigent ensuite un « dialogue réellement inclusif ». Il doit réunir toutes les forces politiques et sociales, de la majorité à l’opposition, sans exclusion.
Autre exigence majeure : tenir les assises en dehors des frontières nationales. Selon la plateforme, c’est la seule manière d’éviter les pressions et de garantir la sécurité des participants.
Sur le fond, « Sauvons la RDC » veut lever les tabous. Il faut, dit-elle, examiner sans filtre les causes profondes de la crise actuelle. Et aboutir à des résolutions souveraines et contraignantes, qui s’imposent à tous.
Le camp de l’ancien président va plus loin. Il réclame l’abandon immédiat du processus référendaire et de tout projet de révision de la Constitution avant l’ouverture du dialogue.
Il exige aussi des mesures de décrispation. Concrètement : la libération des prisonniers politiques, la levée des interdictions visant des partis, le retour des exilés, et la dissolution de la « milice » Force du progrès.
Enfin, la plateforme veut un mécanisme de suivi international pour veiller à l’application stricte des résolutions qui sortiront du dialogue.
Un dialogue qui divise déjà
Ces exigences tombent dans un contexte tendu. Plusieurs proches du pouvoir rejettent déjà l’idée de voir participer au dialogue des personnalités accusées d’avoir pris les armes ou rejoint la rébellion.
Sans le citer, ils visent entre autres Joseph Kabila, accusé par Kinshasa d’être le parrain du mouvement rebelle AFC, placé sous la direction de Corneille Nangaa, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
Pour le camp présidentiel, pas question d’asseoir autour de la même table ceux qui, selon eux, soutiennent l’agression dans l’Est.
De leur côté, les opposants réunis au sein de la C-64 ont déclaré être favorables à la participation de toutes les couches, y compris les rejetées du camp présidentiel.
Du côté de la présidence, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée.
TOGE






