C’est l’avertissement le plus politique de son adresse à la nation. Alors que dans l’opinion et jusque dans les rangs de l’Union sacrée, l’accord sur les minerais critiques signé avec Washington est perçu comme une garantie de maintien au pouvoir pour Félix Tshisekedi au-delà de 2028, Joseph Kabila douche cet espoir.
« Il n’y a rien, mais alors rien du tout à attendre de ce pouvoir. Parce qu’il a signé l’accord sur les minerais critiques avec les États-Unis d’Amérique, il se croit à tort assuré du soutien inconditionnel de ce pays. Il oublie, en effet, qu’il s’agit d’un accord entre États et que les droits et obligations des parties sont garantis par le principe de la continuité de l’État, et non par la pérennité d’un régime en place », a-t-il lancé ce vendredi 9 octobre 2026.
Une sortie qui vise directement la thèse du « glissement » qui gagne du terrain à Kinshasa.
Pour une partie de l’opinion, l’alignement stratégique avec les États-Unis et le soutien américain au processus de Doha et de Washington offriraient à Tshisekedi une carte blanche pour se maintenir après la fin de son second et dernier mandat constitutionnel en 2028.
Or, juridiquement, la voie est verrouillée. La Constitution actuelle limite à deux le nombre de mandats présidentiels, que Tshisekedi achève, et son article 220, intangible, interdit toute révision du nombre et de la durée des mandats.
Tout maintien au pouvoir impliquerait donc un changement de Constitution, une entreprise politiquement et socialement périlleuse.
C’est ce verrou que Kabila entend rappeler. Pour l’ancien président, qui lui-même s’était heurté à l’article 220 en 2016 avant de renoncer, l’accord de Washington engage la RDC en tant qu’État, pas un régime. Le soutien américain sur le dossier sécuritaire et minier ne saurait se transformer en soutien à une manœuvre institutionnelle.
En d’autres termes : Washington a signé avec Kinshasa, pas avec Tshisekedi.
TOGE






