Quatre ans après l’institution de la Journée nationale de commémoration des victimes des violences armées à des fins économiques (GENOCOST), le chiffre commence à prendre corps.
À l'occasion de la 4e commémoration du GENOCOST, célébrée dimanche 2 août, le Directeur général du FONAREV, Patrick Fata Makunga, a annoncé que plus de 1,2 million de personnes ont déjà été enregistrées dans le cadre du processus national d'identification des victimes de conflits en RDC.
Il a présenté ce chiffre comme une étape historique permettant aux victimes de « sortir progressivement de l'invisibilité ».
Réparation et réinsertion déjà en cours
Le Fonds indique avoir soutenu la prise en charge de victimes vulnérables, financé des interventions chirurgicales réparatrices et facilité l'accès aux soins de santé mentale.
Le FONAREV dit aussi développer des programmes de réinsertion économique et des projets de réparation collective dans plusieurs provinces affectées par les conflits.
Pour le Directeur général, l’enregistrement massif est la base de toute politique de justice et de réparation.
Un bilan réel encore impossible à établir
Mais derrière ce chiffre, la réalité reste plus lourde.
Dans un live space organisé sur X par le journaliste Stanys Bujakera, l'historienne Bénédicte Ndjoko est revenue sur la difficulté à établir un bilan chiffré fiable des victimes du GENOCOST.
Elle a rappelé l’estimation de 5,2 millions de morts avancée par l'International Rescue Committee, à laquelle s'ajoutait alors un rythme d’environ 48.000 décès par mois. Un compteur qui, selon elle, « ne s'est jamais arrêté depuis ».
L’historienne a souligné le rôle du rapport Mapping des Nations unies pour documenter la nature des crimes commis en RDC. Elle rappelle aussi que ces violences ne se limitent pas à l'Est du pays, citant des exactions survenues à Kinshasa et dans le Bandundu.
Mémoire, histoire et volonté politique
Pour Bénédicte Ndjoko, il faut distinguer le travail de l'historien, fondé sur la vérification scientifique des faits, de celui de la mémoire collective.
Elle appelle à une volonté politique claire de l'État pour organiser ce travail de documentation et de transmission. Sans cela, dit-elle, le risque est de commémorer sans jamais réparer complètement.
Entre le travail d’identification lancé par le FONAREV et l’immensité du bilan humain, le chemin de la réparation s’annonce long.
Gatien D. Kasongo






