Le compte à rebours est lancé. La coalition de l’opposition C64 a fixé au 15 août 2026 la date limite pour la convocation officielle d’un dialogue national inclusif en RDC. Passée cette échéance, elle promet de relancer ses actions citoyennes et de reprogrammer ses manifestations.
Cet ultimatum a été posé après la suspension d’une marche prévue le 22 juillet dernier à travers le pays pour réclamer la démission du Président Félix Tshisekedi. À l’époque, les opposants disaient vouloir « laisser une chance à la raison ».
Brazzaville court-circuitée ?
Dans ce bras de fer, le Congo-Brazzaville semble avoir été sollicité. Selon des indiscrétions, Denis Sassou Nguesso aurait récemment convié les leaders de la C64 à Brazzaville pour des consultations. Invitation restée sans suite. Les opposants auraient boudé.
Auparavant, la C64 s’était rendue à Bujumbura auprès du président burundais Evariste Ndayishimiye. C’est à l’issue de cette rencontre que l’opposition avait suspendu ses actions et fixé l’ultimatum du 15 août.
Tshisekedi affiche son agenda
Pendant ce temps, Félix Tshisekedi était ce lundi 10 août à Brazzaville pour la 2e fois en moins de 2 mois.
Après une visite de travail de 48h le 3 juillet, le président de la RDC a de nouveau rencontré Denis Sassou Nguesso. Officiellement pour évoquer « le renforcement de la coopération bilatérale et les enjeux d’intérêts régionaux ».
Mais à Kinshasa, la visite est lue autrement : une manière de couper l’herbe sous le pied des opposants, prêts à réactiver la rue pour obtenir un dialogue national inclusif.
Le gouvernement, cependant, ne cache pas sa ligne dure. Par la voix de son porte-parole, Patrick Muyaya, l’Exécutif a rejeté l’ultimatum de la C64.
« Le président Félix Tshisekedi conduit son propre agenda et ne plie pas sous la pression politique », a-t-il martelé.
Vers une reprise des manifestations ?
À 4 jours de l’échéance, la tension monte. La C64 dit avoir épuisé la voie du dialogue informel : d’abord avec les chefs religieux de la CENCO-ECC, ensuite au Burundi, et enfin avec la proposition de Brazzaville.
Si aucune ordonnance présidentielle n’est signée d’ici vendredi, l’opposition promet de retourner dans la rue. Le pouvoir, lui, campe sur ses positions.
Entre les consultations à Brazzaville et le refus de céder à Kinshasa, Félix Tshisekedi semble jouer la montre. Mais l’après 15 août risque de redessiner le rapport de force politique en RDC.
Gatien D. Kasongo






