Pour la première fois, l’espoir d’un vaccin contre Ebola-Bundibugyo devient concret. Le Dr. Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’a annoncé mercredi lors d’une conférence de presse à Genève.
Contrairement à la souche Zaïre, qui dispose déjà de vaccins et de traitements homologués, la souche Bundibugyo ne bénéficie à ce jour d’aucun outil médical approuvé.
La donne est en train de changer. Deux candidats-vaccins conçus spécifiquement contre Bundibugyo viennent d’entrer en phase I d’essais cliniques sur l’être humain.
L’OMS mise aussi sur la protection croisée. Des études animales montrent des résultats prometteurs avec Ervebo, le vaccin déjà utilisé contre Ebola-Zaïre. Sur cette base, l’organisation recommande désormais son inclusion dans un essai de phase III en RDC.
Le protocole sera adaptatif. Concrètement : recruter les contacts des nouveaux malades, les répartir au hasard entre les groupes de l’étude, et ajouter de nouveaux candidats-vaccins au fil des résultats.
Les premières données des vaccins développés par Oxford-Serum Institute of India et Moderna sont attendues dès septembre.
« Nous ne savons pas si ce vaccin est efficace contre la maladie à virus Bundibugyo chez l’être humain », a toutefois prévenu le Dr Tedros.
Et d’indiquer :
« L’essai doit précisément permettre de le déterminer ».
Côté traitements, l’essai clinique PARTNERS, parrainé par l’OMS, a désormais inclus 100 patients. Un jalon important pour tester de nouvelles molécules.
Un déficit de 254 millions de dollars
Mais la science risque d’être freinée par le manque d’argent. Pour mettre en œuvre le plan continental de préparation et de riposte, 518 millions de dollars sont nécessaires. Seulement 264 millions ont été déboursés à ce jour.
« Il faut passer de la recherche et des plans d’urgence à une riposte capable de prendre de vitesse l’épidémie », a insisté le patron de l’OMS.
Et le temps presse. L’épidémie qui touche actuellement l’Est de la RDC pourrait dépasser celle d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016, la plus grave de l’histoire avec plus de 28.000 cas.
Selon le dernier rapport de l’Institut national de santé publique (INSP) du 12 août, le bilan est déjà lourd avec plus de 100 morts en 48h.
Le compteur affiche : 4.566 cas confirmés, 570 patients en isolement ou hospitalisés, et 2.128 décès (soit un taux de létalité de 46,6 %) contre seulement 918 personnes guéries.
Face à Bundibugyo, la recherche s’accélère. Reste à lui donner les moyens de gagner la course.
Gatien D. Kasongo






