En conférence de presse le week-end dernier à Bruxelles, Martin Fayulu, président de l’ECiDé et l’un des leaders de l’opposition, a expliqué pourquoi Joseph Kabila, ancien Président de la République accusé d’être le parrain du mouvement rebelle AFC-M23, et Corneille Nangaa, coordonnateur dudit mouvement et ancien président de la CENI, doivent impérativement participer au dialogue national.
« Ils doivent venir dire pourquoi ils le font »
Pour l’opposant, l’enjeu est d’abord celui de la vérité. Il accuse directement l’ancien Président et l’ex-patron de la CENI.
« Kabila a dirigé ce pays... Ils ont dit que c'est lui qui arme, c'est lui qui finance l'AFC-M23. Il doit venir. Il doit venir pour dire pourquoi il le fait ? Quel est le problème ? », a-t-il lancé.
Même exigence pour Corneille Nangaa :
« Nangaa était président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). C'est lui qui a proclamé Tshisekedi gagnant alors qu'il n'avait pas gagné. Maintenant, il a pris les armes contre son pays. Il tue ou fait tuer ses frères et sœurs, ressortissants du même pays que lui. Il faut qu'il vienne, qu'il dise pourquoi il fait ça ? Et puis comme on dit, les linges sales se lavent en famille, on se lave », a-t-il enchaîné.
Pardon d’abord, justice ensuite
Loin d’appeler à l’exclusion, Fayulu plaide pour un dialogue inclusif basé sur trois étapes et fondé sur la vision de « laver le linge sale en famille ».
Il donne l’exemple personnel :
« Moi, il m'a fait du tort, ils m'ont causé du tort. J'ai pardonné. Parce qu'un chrétien a deux valeurs seulement. La première c'est l'amour et la deuxième c'est le pardon. On a pardonné ».
Pour lui, si Kabila et Nangaa « ont des griefs contre Tshisekedi ou contre le pays », la solution passe par la discussion : « si on se parle, on peut se laver les mains ».
Un dialogue sous le signe « vérité, justice, réconciliation »
Martin Fayulu fixe le cadre de ce dialogue réclamé à cor et à cri par l’opposition et validé par Tshisekedi, en attendant la convocation officielle.
« Nous mettons ce dialogue sous le signe de la vérité. La vérité et la justice. Puis après, la réconciliation. On se réconcilie et puis ce sera la cohésion nationale », a déclaré Fayulu.
Sa sortie intervient alors que le débat sur la participation des acteurs de la rébellion à un processus de paix continue de diviser la classe politique congolaise.
Gatien D. Kasongo






