La riposte contre l’épidémie d’Ebola à souche Bundibugyo fait face à une recrudescence d’incidents sécuritaires dans l’Est du pays.
Selon le rapport de situation du 19 août, une équipe chargée des enterrements dignes et sécurisés (EDS) a été agressée à Kasanga Tuha, dans la zone de santé de Beni au Nord-Kivu. Le rapport fait état de plusieurs blessés et d’« un décès probable ».
Deux autres incidents violents ont été signalés. En Ituri, à Mungamba, un véhicule d’une équipe d’enterrement sécurisé a été caillassé et endommagé. L’équipe a dû être escortée par les FARDC pour se retirer. Dans la zone de Beni, à Mangothe, les maisons de deux relais communautaires engagés dans la riposte ont fait l’objet d’une tentative d’incendie.
À ces violences s’ajoutent des refus communautaires qui bloquent les interventions. À Bambu, deux enterrements sécurisés ont été refusés pour des motifs religieux. À Kasanga, la résistance de la population a empêché le prélèvement de trois corps de décès suspects.
Dans le Bas-Uélé, province considérée comme le foyer initial de l’épidémie actuelle, l’opposition de familles a empêché la décontamination de deux ménages. À l’hôpital général de Likati, le corps d’un décès suspect n’a pu être ni prélevé ni enterré de manière sécurisée.
Conséquence directe, plusieurs prélèvements, décontaminations et enterrements sécurisés, pourtant essentiels pour briser la chaîne de transmission, ont dû être annulés.
Ces incidents surviennent alors que la riposte évolue dans un contexte particulier. Aucun vaccin spécifique contre la souche Bundibugyo ne sera disponible avant décembre, selon le patron d’Africa CDC.
Le lot de vaccin Ervebo, dont l’arrivée est annoncée comme imminente, n’est efficace que contre la souche Zaïre.
Le bilan actuel reste partiel. Au 19 août, l’Ituri, le Haut-Uélé, la Tshopo et le Bas-Uélé n’avaient pas encore transmis leurs données de sécurité consolidées.
Gatien D. Kasongo






