Invité du grand oral « Redevabilité » sur la RTNC, l’argentier national ne s’est pas défendu, il a démontré. Chiffres à l’appui, les performances de la Team Suminwa : une inflation divisée par trois, une notation passée de CCC à B-, une dette contenue à 20,4% du PIB contre 60% en SADC. Il assume l’émission des eurobonds pour financer les routes et l’énergie, premières assiettes économiques.
C’est l’image que l’équipe Suminwa II voulait pour son An 1. Pas un ministre qui se défend, mais un ministre qui démontre.
Invité du grand oral « Redevabilité - Où va l’argent de l’État ? » sur la RTNC face à Willy Kalengayi et Élysée Odia, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi est arrivé avec ses graphiques. L’exercice est rituel, mais l’argentier national a voulu clore la polémique des eurobonds.
Sa réponse tient en un chiffre. Alors que la SADC affiche 55 à 60% de dette sur PIB, la République Démocratique du Congo reste à 20,4%, même après l’émission. Le service de la dette pèse moins de 10% des recettes internes.
« Nous avons des moyens. Il est révoltant d’avoir cette marge et de ne pas agir », lance-t-il, aux côtés de son collègue des ITP John Banza Lunda.
La route comme assiette économique
Pour Fwamba, la dette n’a de sens que si elle finance les assiettes économiques. La première: la route. Dans un pays-continent où le transport représente jusqu’à 40% du prix agricole, l’absence de routes est un impôt invisible.
Relier le Kasaï, le Kwilu ou le Haut-Lomami aux centres de consommation, c’est baisser l’inflation et créer un marché intérieur. À cela s’ajoutent l’énergie, l’eau, les corridors logistiques. Des multiplicateurs, pas des dépenses. Chaque kilomètre bitumé crée des emplois directs, des emplois indirects et attaque le chômage de masse.
Une vision assumée et présentée au public dans cet exercice de transparence conçu par son collègue de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
L’autre trophée de l’An 1, c’est l'inflation. De 23,8% au pic à 11,7% puis à moins de 7% en septembre 2025. En glissement annuel, elle flirte avec 2,3%, un niveau plus vu depuis 2012-2014. Fruit de 15 mois d’efforts avec la BCC selon lui.
« Ce type d’inflation n’arrive pas tous les dimanches ».
Dernier verrou: la crédibilité. Le ministre retrace la notation entamée en 2020 avec Citibank et l’actuel DG d'Equity-BCDC. De CCC à B- stable, puis B- perspective positive chez Standard & Poor's. Six mois de roadshow dans le silence pour « présenter la République Démocratique du Congo qui n’est pas celle qu’on raconte ».
La doctrine de l’An 1 est posée: la République Démocratique du Congo ne craint plus la dette, elle l’utilise pour construire les infrastructures de sa diversification.
Avec AfricaNews






