Invité du panel du Gouvernement « Redevabilité : Actions, Réalisations, Impact, Perspectives », diffusé mardi sur la RTNC, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, ministre des Finances, a voulu remettre les faits à l’endroit.
Face à la polémique, l’argentier national oppose les chiffres.
Premier graphique projeté : le comparatif SADC.
« Les ratios d’endettement pour les pays de la SADC, c’est entre 55 et 60% de leur PIB. La République Démocratique du Congo est à 20,4%, même après l’émission des eurobonds », a-t-il démontré.
Un ratio qui place la RDC non seulement en dessous de la SADC, mais aussi très en dessous de la moyenne continentale, qui s'établit autour de 64% à 68% du PIB selon les données consolidées du FMI et de la Fondation Mo Ibrahim.
À titre de comparaison, plusieurs pays affichent des niveaux d’endettement très élevés : le Soudan à plus de 200% à 250% du PIB, l’Érythrée autour de 175%, le Cap-Vert entre 105% et 160%, le Mozambique à 133% et la Zambie entre 91% et 101%.
La RDC fait au contraire partie du groupe des pays à dette faible, avec un ratio historiquement estimé entre 17% et 20% du PIB, proche du Botswana (25%).
Deuxième indicateur de soutenabilité : le poids sur le budget. Le service de la dette représente moins de 10% des recettes internes. Le risque de change est, selon Fwamba, « maîtrisable » grâce à la stabilité du cadre macroéconomique conquise depuis 15 mois.
Pourquoi s'endetter maintenant ?
Pour le ministre des Finances, la question n’est pas de savoir s’il faut s’endetter, mais pourquoi.
« C’est révoltant d’avoir cette marge et de ne pas prendre de mesures alors que nous avons des moyens », a-t-il lancé.
L’avantage de ces emprunts, a-t-il expliqué, est de financer des « assiettes économiques », c’est-à-dire des infrastructures qui créent de la croissance au lieu de la consommer.
La première assiette, c’est la route. Dans un pays-continent, le transport représente jusqu’à 40% du prix final des produits agricoles. C’est un impôt invisible payé par chaque Congolais.
Impacts attendus
L’impact de ces eurobonds est donc triple selon Fwamba :
1. Sur les prix : relier le Kasaï, le Kwilu ou le Haut-Lomami aux grands centres de consommation va faire baisser l’inflation en réduisant le coût du transport ;
2. Sur l’emploi : chaque kilomètre bitumé crée des emplois directs sur les chantiers et des emplois indirects dans l’agriculture et le commerce. Une réponse au chômage de masse ;
3. Sur la diversification : en plus des routes, les fonds visent l’énergie, l’eau et les corridors logistiques. Ce sont des multiplicateurs qui permettent de diversifier une économie encore trop dépendante des mines.
Cette stratégie est rendue possible par deux trophées de l’an 1 de la Team Suminwa : une inflation ramenée de 23,8% à moins de 7% (2,3% en glissement annuel) et une notation souveraine renforcée de CCC à B- perspective positive chez S&P, après six mois de roadshow « pour présenter la RDC qui n’est pas celle qu’on raconte ».
Gatien D. Kasongo






