Le donneur de leçons avait une ardoise. Et elle est salée. Au moment où il dénonçait, mercredi dans le Space de Stanis Bujakera, le premier Eurobond de la RDC à 9% comme une faute contre les générations futures, l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi omettait un détail majeur de son propre bilan.
Pour construire le Centre financier de Kinshasa, son ministère a contracté 150 millions de dollars de dette. Pas à 9%. À 11,5%.
Deux créanciers pour une même opération : la Trade and Development Bank (TDB) de Nairobi et Rufiji, un véhicule financier discret. Un seul taux contractuel : 11,5%. Un seul payeur : le Trésor public.
La facture est brutale : 26 millions de dollars tous les six mois. 52 millions par an prélevés directement sur les caisses de l’Etat pour rembourser des bureaux.
Le grand écart
La comparaison tue le discours. D’un côté, le Gouvernement Suminwa II lève 1,5 milliard à 9% sur 10 ans. De l’argent long, traçable, avec prospectus public.
Destination : le barrage de Katende bloqué depuis des décennies, des routes nationales, des aéroports.
Du productif, avec un rendement économique estimé entre 20 et 30%.
De l’autre, un emprunt contracté sous Kazadi à 11,5% sur du court terme, avec un remboursement semestriel qui étrangle la trésorerie. Destination : des immeubles administratifs.
9% pour produire des mégawatts. 11,5% pour climatiser des bureaux.
Gatien D. Kasongo






