« Il est connu comme l’un des plus grands voleurs de ce pays ». La phrase est de Martin Fayulu. Elle vise l’ancien ministre des Finances, Nicolas Kazadi.
Réagissant à la critique de Kazadi sur la « faible mobilisation de l’opposition », Fayulu a exigé que « tous ceux qui se sont distribué l’argent de l’État » le restituent.
L’opposant estime que l’ancien argentier « ne peut pas justifier aujourd’hui le train de vie ou la richesse qu’il affiche ».
Une attaque qui fait remonter tout le passif de l’ancien ministre des Finances, mais aussi ses propres aveux.
L’ex-argentier avait choqué l’opinion en déclarant face caméra : « Nous aimons trop la jouissance. On commence par se partager l’argent des projets, puis on réfléchit après ».
Une phrase perçue comme un aveu sur la prédation au sommet de l’État et qui a fait le tour des réseaux sociaux.
De nombreux dossiers ont d’ailleurs éclaboussé son passage aux Finances.
Il y a d’abord les forages et les lampadaires. Près de 300 millions de dollars pour 1.000 forages, des lampadaires facturés au prix fort à Kinshasa. L’IGF avait dénoncé des surfacturations massives et des procédures.
Il y a ensuite l’affaire de la Banque centrale. Plus de 27 millions de dollars auraient été détournés en collusion avec la gouverneure Malangu Kabedi, selon une plainte déposée en 2024 par l’ALCC. Des enregistrements audio évoquent des rétrocommissions de 10 à 12% sur les fonds des forages, transférés via Rawbank.
Il y a enfin le protocole à 500 millions de dollars. Paraphé par le FONER avec la société BFI pour construire des routes, alors que ce fonds n’est légalement habilité qu'à les entretenir. L'IGF de Jules Alingete avait épinglé un montage conclu sans autorisation préalable et sans justification.
Autant de dossiers restés sans suite judiciaire à ce jour, mais qui expliquent la virulence de la charge de Fayulu.
Gatien D. Kasongo






