La ministre de la Culture, arts et patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a organisé le 24 septembre une conférence scientifique internationale en marge de la 61e Biennale d’art contemporain, qui se tient depuis le 22 mai dernier.
« La contribution de la RDC à la sauvegarde du patrimoine mondial : transmission, restitution et innovation ». Tel a été le thème de cette conférence, soutenue par l’ambassade congolaise de Rome et qui a réuni chercheurs, artistes, institutionnels et diaspora congolaise.
Devant l’assistance, Yolande Elebe Ma Ndembo a ouvert les travaux avec une keynote intitulée « Le patrimoine comme langage diplomatique ». Pour la ministre, le patrimoine n’est pas un simple héritage.
« Le patrimoine permet à des peuples et à des institutions d’entrer en relation par leurs histoires, leurs créations et leurs savoirs. Il est, à ce titre, une langue que parlent les nations », a-t-elle affirmé.
Elle a rappelé les instruments mis en place depuis mai 2025 afin de garantir protection et transmission de ce patrimoine.
Au nombre de ces instruments, la Politique culturelle nationale, l’ordonnance-loi sur le statut de l’artiste, la commission dédiée à la protection des motifs et tissus kuba, et la commission nationale chargée du rapatriement des biens culturels, des archives et des restes humains.
Trois panels ont structuré les échanges. Maître Théodore Nganzi, directeur de cabinet adjoint et expert en propriété intellectuelle, est revenu sur la protection des tissus kuba.
L’avocat Yvon Ngombe, spécialiste de la rumba, a abordé la sauvegarde et la transmission de ce genre musical classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Patrick Mudekereza, directeur du Centre d’art Waza de Lubumbashi et chercheur sur la restitution, a défendu une approche participative du retour des biens culturels.
La conférence a aussi été marquée par un geste symbolique. Giordano Garuti a fait don à la RDC d’œuvres issues de sa collection privée.
Un don salué par la ministre, qui y voit l’occasion de réfléchir à un cadre juridique pour l’accueil et la documentation des œuvres issues de collections privées.
Cette séquence scientifique prolonge la stratégie déployée depuis mars dernier. Pour sa première participation aux pavillons nationaux de la Biennale, la RDC a inauguré le 7 mai dans l’Antico Refettorio de la Scuola Grande di San Marco son exposition « Simba Moto – Saisis le feu ! », qui réunit neuf artistes majeurs sous la curatelle de Nadia Yala Kisukidi et Cindy Makiana.
Au-delà de l’événement, le ministère veut faire de ce rendez-vous vénitien un laboratoire durable de dialogue entre artistes, chercheurs et partenaires internationaux, et ancrer le soft power culturel congolais dans la durée.
Gatien D. Kasongo






