Semaine décisive au Conseil d’État. Plusieurs audiences sont attendues pour statuer sur le sort des 13 partis politiques suspendus jeudi par le VPM de l’Intérieur Jacquemain Shabani Lukoo.
Le ministère de l’Intérieur a saisi la haute juridiction administrative pour en demander la dissolution, après avoir interdit leurs activités sur l’ensemble du territoire.
La mesure vise en premier lieu le PPRD de Joseph Kabila et les formations de sa mouvance « Sauvons la RDC ».
Selon le télégramme adressé aux 26 gouverneurs, les partis sont accusés de « complicité avérée dans une menace portant atteinte à l’unité, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale ».
Le document fait le lien avec la création, trois jours plus tôt à Goma, du Front pour la refondation de la nation (FRN), nouveau mouvement politico-militaire lancé par Joseph Kabila et dont le vice-président est Corneille Nangaa, leader de l’ADCP.
Treize formations sont visées. En tête, le PPRD, parti historique de Joseph Kabila, désormais président du FRN.
À ses côtés, le LGD de Matata Ponyo, PISTE de Seth Kikuni et l’UDA originelle de Claudel Lubaya, trois figures de l’opposition.
Puis le MPCR de Jean-Claude Vuemba et le MLP de Franck Diongo, vieux briscards du combat politique. Suivent l’AAP de Théophile Mbemba et l’ATD de José Makila, le PNEL de Michel Mwika Banza et l’UPC de Thomas Lubanga.
Enfin, l’ADCP de Corneille Nangaa, numéro deux affiché du FRN, la COFEDEC de Filia Tshipasa et l’AARC d’Elisée Minembwe ferment la liste.
Mais la décision fait débat. Plusieurs formations contestent leur inclusion. Le LGD de Matata Ponyo, qui a saisi le ministère pour demander le réexamen de la mesure, estime qu’elle est « radicale » et sans motivation précise. Il rappelle son ancrage dans la C64, plateforme de l’opposition non armée.
Même son de cloche du côté de l’AAP de Théophile Mbemba, qui dit avoir refusé de suivre le FRN.
D’autres partis comme PISTE, UDA, ATD, MPCR et MLP, membres de « Sauvons le Congo » avant le FRN, assurent n’avoir jamais acté leur adhésion au Front.
Le ministère maintient sa position, invoquant les articles 29, 30 et 31 de la loi sur les partis politiques. Selon son conseiller juridique, l’affaire étant désormais devant le ministère public, les recours administratifs sont caducs.
Au Conseil d’État, le délibéré s’annonce comme un test majeur pour la liberté d’association politique face à l’impératif de sécurité nationale.
Gatien D. Kasongo






