Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) a frappé en premier. Réuni en urgence ce mercredi, il a infligé un embargo médiatique de 88 jours à Fils Mukoko pour violation des lois et des « valeurs fondamentales de la nation ».
L’homme est désormais interdit d’antenne sur toutes les chaînes de télévision, radios, médias en ligne et presse écrite de la RDC. Il est convoqué d’urgence pour audition.
À l’origine de la sanction, une vidéo virale où le Directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa déclare :
« Nous allons distribuer des armes, même sur les terrains de football. Nous allons distribuer des armes, même dans les églises. Nous allons distribuer des armes, même dans les universités. Les Occidentaux qui sont ici auront du mal à sortir de Kinshasa ».
« Une horreur absolue »
La réaction du Gouvernement n’a pas tardé. Sur X, le porte-parole Patrick Muyaya a condamné « de la manière la plus ferme » les propos de Fils Mukoko.
« Ils sont d’une horreur absolue et n’engagent nullement le Gouvernement ni aucune autre institution. Nous ne tolérons aucune forme d’appel à la violence ni aucun discours qui stigmatise nos partenaires occidentaux », a-t-il tranché.
Le ministre indique que l’Hôtel de ville de Kinshasa et les autres services ont été saisis. Il assure que toutes les dispositions sont prises pour garantir la sécurité des missions diplomatiques.
La Justice ouvre une enquête
Dans la foulée, le ministre d’État en charge de la Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Dans un communiqué, Guillaume Ngefa informe avoir « enjoint au Procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire à la suite de la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo attribuée à Monsieur Fils Mukoko ».
« La liberté d’expression est constitutionnellement consacrée en République démocratique du Congo. Elle ne saurait cependant servir de prétexte à la menace, à l’intimidation ou à la mise en danger de la vie d’autrui », a déclaré le ministre d’État.
L’UDPS se désolidarise totalement
Le coup le plus dur vient de son propre camp. Dans un communiqué officiel signé ce mercredi par son Président a.i, Augustin Kabuya, le parti au pouvoir dit avoir pris connaissance de la vidéo « avec une vive préoccupation ».
L’UDPS a pris cinq mesures claires, dont la condamnation « sans équivoque de toute initiative visant à distribuer des armes à la population en dehors du cadre légal ».
Le parti rappelle que l’exercice des libertés doit s’inscrire « dans le strict respect des lois de la République et des obligations internationales de notre pays, notamment en matière de protection des missions diplomatiques ».
En conséquence, l’UDPS se « désolidarise totalement de toutes les initiatives appelant à la violence et décline toute responsabilité quant aux conséquences qui pourraient en résulter ».
Sur les réseaux sociaux, l’exigence est désormais claire : de nombreux internautes réclament sa révocation pure et simple de la Direction générale de la RATPK.
Gatien D. Kasongo






