Dans un communiqué publié ce dimanche, la coalition Lamuka dénonce ce qu’elle qualifie d’enlèvement de Prince Epenge, président de l’ADD Congo et porte-parole de la plateforme.
Selon Lamuka, les faits se sont produits ce même dimanche à l’aéroport international de Ndjili.
Prince Epenge s’apprêtait à embarquer pour Rome avec Martin Fayulu et Jean-Baptiste Kasekwa, respectivement président et vice-président de l’ECiDé, pour prendre part à une réunion de la Coalition 64 (C64).
À l’enregistrement, les services de la Direction générale de migration (DGM) auraient procédé à la rétention de leurs trois passeports.
Si les documents de Martin Fayulu et de Jean-Baptiste Kasekwa ont finalement été rendus, permettant aux deux responsables de poursuivre leur trajet, celui de Prince Epenge est resté bloqué, l’empêchant de voyager, affirme Lamuka.
Le communiqué, signé par le 1er vice-président de Lamuka Jean-Félix Nsenga, indique que l’opposant a ensuite été emmené par des individus non identifiés vers un lieu qui n’a pas été officiellement communiqué.
C’est ce qui a conduit le service de communication de Martin Fayulu à alerter, dans un premier temps, sur une disparition inquiétante : téléphones coupés, destination inconnue.
Quelques heures plus tard, des proches de l’opposant affirment l’avoir localisé. Il serait détenu au Conseil national de cyberdéfense (CNC), où il serait entendu.
Le motif évoqué est celui de « propagation de faux bruits », en lien avec le décès de Manassé Lomboto.
Pour l’ADD Congo, son chargé de sécurité, Lomboto, a été « assassiné » lors de la marche de la C64 du 15 septembre dernier.
L’opposition attribue sa mort à des violences qu’elle impute à la Force du progrès, la jeunesse de l’UDPS. Dans le camp adverse, on rejette et souligne que l’enquête est toujours en cours.
Le dossier Lomboto reste très sensible. L’opposition accuse le pouvoir de faire pression sur l’hôpital pour conclure à une mort naturelle et, depuis le 14 octobre, dénonce une rencontre discrète entre le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, et la famille biologique du défunt, y voyant une tentative d’étouffement.
Kabuya qui a reconnu le fait, a toutefois précisé que la rencontre s’est tenue à la demande de la famille de Manassé Lomboto.
L’autopsie promise par le parquet n’a toujours pas eu lieu, la dépouille restant à la morgue du CHU du Cinquantenaire.
Dans son communiqué, Lamuka dit craindre pour la sécurité et l’intégrité physique de son porte-parole, rappelle les articles 17, 18 et 30 de la Constitution garantissant la liberté de circulation et la sûreté individuelle, et exige la confirmation officielle de son lieu de détention, sa libération sans condition et la restitution de son passeport.
Gatien D. Kasongo






