Parmi eux figure Corneille Nangaa Yobeluo, ancien président de la Commission électorale nationale indépendante -CENI- et actuel chef de l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
Selon les fiches publiées par le mécanisme INTERPOL-Conseil de sécurité de l’ONU, les personnes visées sont désormais soumises à un gel de leurs avoirs, à une interdiction de voyager et à un embargo sur les armes.
Deux entités sont également frappées: l’AFC/M23 et le groupe Twirwaneho. Nangaa, de la CENI à la tête d’une rébellion Corneille Nangaa Yobeluo, 55 ans, est désigné comme « leader de l’Alliance Fleuve Congo ».
Ce mouvement politico-militaire créé en 2023 est présenté par l’ONU comme allié du M23, qui contrôle depuis janvier de larges portions dans le Kivu, dont Goma et Bukavu, principales villes de la région.
C’est précisément dans la capitale du Nord-Kivu que réside désormais l’ancien président de la CENI, selon le document onusien. Un basculement symbolique pour celui qui avait organisé la présidentielle de 2018.
Le Conseil sanctionne également Charles Sematama, présenté comme « colonel » et « commandant et chef militaire de Twirwaneho ».
Ce groupe armé est particulièrement actif dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, où il s’oppose aux milices locales. Quatre autres noms complètent la liste : John Imani Nzenze, cadre du M23; Sébastien Uwimbabazi et Gustave Kubwayo, tous deux identifiés comme membres des FDLR; et Muhammed Lumisa, rattaché aux ADF, responsables de nombreuses exactions dans le Nord-Kivu et en Ituri.
Un signal à la veille d’une échéance diplomatique
Ces désignations interviennent à quelques jours de la prise de parole de Félix Tshisekedi devant la tribune de l’ONU, alors que la République démocratique du Congo préside le Conseil de sécurité depuis le 1er juillet.
Le 22 juillet, le président Félix Tshisekedi va diriger à New York un débat de haut niveau sur la gouvernance des ressources naturelles.
Kinshasa compte utiliser cette présidence pour dénoncer davantage «l’agression» dont elle accuse le Rwanda de se rendre complice dans l’est, via son soutien au M23. Kigali dément.
Pour les diplomates, ces sanctions visent à accroître la pression sur les réseaux rebelles et à isoler leurs dirigeants sur la scène internationale.
Elles s’ajoutent à celles déjà adoptées contre plusieurs responsables du M23 et de groupes alliés.
Une guerre qui s’enlise
Sur le terrain, la situation continue de se dégrader. Depuis le début de l’année, l’intensification des combats entre l’armée congolaise et le M23 a provoqué le déplacement de plusieurs centaines de milliers de civils.
Les axes routiers sont coupés, l’aide humanitaire peine à passer et une économie de guerre prospère autour de l’or, du coltan et de l’étain. En visant les finances et les déplacements de ces chefs de guerre, l’ONU espère freiner leur capacité d’action.
Mais les experts restent sceptiques : ces groupes tirent l’essentiel de leurs ressources du contrôle des zones minières et des trafics transfrontaliers, peu affectés par un gel des avoirs bancaires classiques.
Avec AfricaNews





