Le phénomène « Folioman » dans le viseur de la justice.
Une enquête diligentée sur ordre du ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa, a recensé plus de 62 dossiers de spoliation foncière et immobilière contre l’État dans la seule ville de Kinshasa.
C’est ce qu’a révélé un communiqué publié ce mardi par le ministère de la Justice, indiquant avoir franchi une nouvelle étape dans la lutte contre ce vaste réseau de falsification et de vente frauduleuse de parcelles dans la capitale.
Au regard de la gravité des faits, le ministre d’État a donné, le 19 août dernier, injonction au Procureur général près la Cour de cassation pour engager des poursuites contre les présumés auteurs et complices de ces délits.
« Cette injonction marque une étape significative dans la lutte que le Gouvernement mène contre les auteurs, co-auteurs et complices du phénomène dit 'Folioman', un important réseau de falsification des titres et documents administratifs », a déclaré le min’Etat Ngefa.
Un réseau bien structuré, dirigé par Kipasa Kitakya
Selon le ministère de la Justice, le réseau serait dirigé par un certain Kipasa Kitakya. Il comprendrait plusieurs avocats, huissiers, greffiers, cadres de l’administration des Affaires foncières, du Cadastre et d’autres complices.
Leur mode opératoire : la spoliation systématique des parcelles de l’État et des paisibles citoyens, dont nombreux ignorent que leurs maisons ont déjà été vendues à leur insu, a précisé le communiqué du ministère de la Justice.
Tous les dossiers ont été transmis au Parquet pour traitement en toute célérité et défèrement des présumés auteurs devant leur juge naturel, a assuré Guillaume Ngefa.
Dans son communiqué, le ministère de la Justice a précisé que ces 62 dossiers ne constituent qu’un premier lot. Les investigations se poursuivent et révèlent déjà l’existence d’un réseau « plus enraciné à travers le pays », a-t-il signalé.
Pour renforcer la riposte, le Gouvernement a mis en place un Cadre permanent de concertation entre les ministères de la Justice, de l’Urbanisme et Habitat et des Affaires Foncières, avec l’appui de l’Agence nationale de protection du patrimoine immobilier de l’État (AN-PPIE).
Il vise à sécuriser les titres fonciers, coordonner la lutte et assurer un traitement diligent des cas signalés. Le Gouvernement a ainsi réaffirmé sa détermination à « protéger le droit de propriété » et à préserver le patrimoine public comme privé.
TOGE






