Le dossier de l’agression du magistrat Ikobia Bahati, procureur de la République et chef du parquet près le Tribunal de paix de Makiso, connaît un tournant majeur.
Le colonel Guy Biabongo, commandant urbain de la Police nationale congolaise (PNC) au chef-lieu de la Tshopo, a été placé sous mandat d’arrêt provisoire et transféré ce mardi à la prison centrale de Kisangani.
Il est désigné comme le donneur d’ordre de l’incident survenu samedi dernier dans la commune de Makiso.
Ce jour-là, le magistrat a été violemment pris à partie par des éléments de la PNC. Tout est parti d’une opération présentée comme une action d’assainissement du centre-ville.
Elle a abouti à la destruction de la clôture en tôles de la parcelle du procureur, au motif qu’elle empiéterait sur le domaine public.
Rentré à son domicile, le magistrat a demandé des explications. La discussion a tourné court. Selon des vidéos devenues virales, il a été empêché d’accéder à sa propre résidence, puis bousculé, giflé et humilié en pleine rue par ceux-là même qui sont censés être ses auxiliaires de justice.
Une enquête militaire ordonnée par Ngefa
Le dossier a pris une dimension nationale. Le min’Etat à la Justice, Guillaume Ngefa, a ordonné l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire.
Dans une injonction adressée à l’Auditeur militaire supérieur près la Cour militaire de Kisangani, sur base de l’article 70 de la loi organique du 11 avril 2013, il a exigé que toute la lumière soit faite sur les responsabilités.
La justice militaire a été saisie en raison de la qualité des mis en cause.
Le CSM exige des sanctions sévères
Du côté de la magistrature, l’indignation est totale. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) a exprimé sa « stupéfaction » après la diffusion des images, condamnant « tout acte de violence, de menace ou d’intimidation à l’encontre d’un magistrat ».
Son secrétaire permanent, Télesphore Nduba Kilima, a rappelé le droit des magistrats à une protection particulière de l’État.
Même son de cloche pour la Fondation pour la consolidation des droits et de la Démocratie (FOCDP), qui dénonce un « acte barbare » et une violation de l’article 28 de la Constitution.
Gatien D. Kasongo






