Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Ngaliema a condamné, ce jeudi, la chanteuse Rebo Tchulo à 12 mois de servitude pénale principale, assortis d’un sursis de 24 mois, sans aucune amende.
Mais ira-t-elle en prison ? La réponse est non.
C’est toute la nuance de cette sentence rendue par la justice militaire. Le tribunal a prononcé une condamnation, mais a suspendu son exécution.
En droit congolais, le sursis signifie que la peine de 12 mois est bien prononcée, mais qu’elle ne sera pas appliquée immédiatement. Son exécution est gelée pendant 24 mois.
Concrètement, Rebo Tchulo ne va pas en prison aujourd’hui. Son conseil, Me Kabengela Ilunga Jean-Marie, confirme que l’artiste conserve sa pleine liberté de mouvement et peut reprendre l’ensemble de ses activités artistiques et privées.
Cette liberté est toutefois conditionnelle. Pendant toute la durée du sursis, soit 24 mois, elle ne doit commettre aucune autre infraction. Si elle respecte cette condition, la peine de 12 mois s’éteindra définitivement et ne sera jamais exécutée.
À l’inverse, en cas de récidive, le tribunal pourra révoquer le sursis et ordonner son incarcération.
Autre point clé du jugement, aucune amende n’a été prononcée à son encontre alors que la partie civile, Platini Sadisa, réclamait 250.000 dollars de dommages et intérêts.
Le ministère public avait, lui, requis 14 mois de servitude pénale principale.
Rebo Tchulo était poursuivie pour incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline.
L’artiste a toujours clamé son innocence et contesté tout lien avec les faits ou les militaires impliqués.
L’affaire remonte à une vidéo virale sur les réseaux sociaux montrant un jeune homme fouetté par des militaires, alors que la chanteuse se trouvait sur une véranda.
Le verdict de ce jeudi solde le dossier et ouvre la voie au retour sur scène de Deborah Tshimpaka alias Rebo Tchulo.
Gatien D. Kasongo






