Député national et cadre de l’UDPS, parti au pouvoir, Peter Kazadi monte au créneau pour défendre le Dialogue national convoqué par le Président Félix Tshisekedi.
Dans son adresse à la nation de jeudi, le Chef de l’État a fixé le cap : les Congolais ayant pris les armes ne sont pas concernés par le processus enclenché à Kinshasa.
Une ligne qui a aussitôt fait bondir l’opposition, qui dénonce un dialogue « exclusif », voire un « monologue », et dont la quasi-totalité a rejeté le format présenté.
Invité du Space de Stanys Bujakera sur X, l’ancien vice-Premier ministre de l’Intérieur a assumé cette posture. Pour lui, la table est ouverte, mais pas pour tout le monde de la même manière.
Sur les cas les plus sensibles (Joseph Kabila, Corneille Nangaa et Sultani Makenga), il se veut clair : ils ne sont pas exclus de la recherche de la paix, mais relèvent d’un autre cadre.
« Ils font l’objet d’un cadre de discussion distinct, dès lors qu’ils ont pris les armes contre le pays », explique-t-il.
Et d’ajouter :
« Nous négocions déjà avec Nangaa, Makenga, y compris Kabila, à Doha ».
Un processus mené à l’initiative du Qatar, qui traite de la rébellion de l’AFC-M23, laquelle contrôle des pans entiers du Nord et du Sud-Kivu avec l’appui de l’armée rwandaise, selon Kinshasa et plusieurs rapports onusiens.
Pour Peter Kazadi, le Dialogue de Kinshasa a une autre vocation : consolider la cohésion nationale face à ce qu’il qualifie d’agression étrangère. Il ne vise pas à régler directement la guerre de l’Est, mais à écouter les Congolais qui n’ont pas choisi les armes, même s’ils portent un discours radicalement opposé au pouvoir.
C’est sur ce point que l’élu de Mont-Amba tacle frontalement la Coalition Aarticle 64 (C-64) qui réclame l’inclusion des rebelles.
Selon Kazadi, ses figures (Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund ou Matata Ponyo Mapon) ne parlent pas au nom du peuple, mais cherchent une porte d’entrée au Gouvernement.
« Aucun d’eux n’a été élu pour représenter les plus de 100 millions de Congolais », martèle-t-il, soulignant que le Président veut justement consulter la base via des assises provinciales.
Sur le fond sécuritaire, Peter Kazadi balaye toute ambiguïté : « Le seul acteur de cette crise, c’est le Rwanda ».
Un dialogue interne ne fera pas, selon lui, retirer les troupes de Paul Kagame. L’issue passera soit par la voie diplomatique, avec les processus sous médiation américaine, soit par l’option militaire.
Quant à Nangaa et Makenga, il les décrit comme des « compatriotes manipulés » par Kigali, rappelant que le Rwanda avait porté au pouvoir puis fait assassiner Laurent-Désiré Kabila avant de tenter à nouveau d’occuper le territoire congolais.
Gatien D. Kasongo






