Faut-il inviter les rebelles à la table du dialogue national ? Pour Me Jean-Claude Katende, la réponse est non. Et elle est assumée.
Dans une prise de position tranchée ce mercredi sur X, l’avocat et activiste des droits de l’homme estime que « l’absence des groupes rebelles au dialogue national est une option défendable ».
Pour Katende, il est difficile d’accepter « autour de la table des Congolais qui portent l’agenda d’une puissance étrangère ».
Une allusion à peine voilée à Corneille Nangaa, Joseph Kabila et aux autres figures de l’AFC-M23, qu’une partie de l’opinion accuse d’être soutenus par Kigali.
C’est un désaveu pour l’opposition non armée réunie au sein de la C64. Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Delly Sessanga et leurs alliés font de la participation des rebelles une condition majeure, sinon sine qua non.
À les en croire, sans les porteurs d’armes, le dialogue n’a aucun sens et ressemble à un « monologue ».
Forts de cette conviction, Fayulu et compagnie ont boycotté le format du dialogue proposé par Félix Tshisekedi lors de son adresse à la Nation du jeudi 27 août dernier.
Avec cette sortie, Me Katende, pourtant souvent critique du pouvoir, se rapproche de la ligne du Président Tshisekedi, qui a désigné Doha comme cadre du dialogue avec les Congolais ayant pris les armes.
Mais son soutien au dialogue sans rebelles est conditionnel. L’activiste prévient que l’exercice ne bénéficiera au Congo que s’il est « ouvert, transparent et conduit par des personnalités indépendantes et capables de résister aux manipulations des politiciens quel que soit leur bord ».
Il met en garde contre une captation du processus : « Il faut éviter de faire du dialogue un congrès de l’Union sacrée de la Nation ».
La sélection des participants, insiste-t-il, doit être démocratique et représenter toutes les sensibilités nationales.
Sa conclusion est un avertissement direct au Chef de l'État. Si Tshisekedi passe à côté de ces principes, il « va manquer l’histoire pour longtemps ».
TOGE






