Il a longtemps été le dossier le plus sensible. Celui qui faisait le plus parler.
Pendant des années, Stephy Mavididi a tourné autour de la tanière sans jamais y entrer. Approché, relancé, attendu. Et à chaque fois, la même réponse : non, pas maintenant.
Puis est venue cette phrase sur Instagram qui a tout glacé : « Si ça ne vient pas de moi, alors ce n’est pas réel ».
Une façon de couper court aux rumeurs qui l’envoyaient déjà chez les Léopards à la veille du Mondial.
Beaucoup y ont vu de l’opportunisme. D’autres, de la prudence. Lui, parlait de timing et de stabilité. Ce timing, il est enfin arrivé.
Né le 31 mai 1998 à Derby en Angleterre, Stephy Alvaro Mavididi est Congolais par ses deux parents. Formé à Arsenal, là où tout commence, il est très vite perçu comme un talent à part : vitesse, puissance, pied droit qui rentre intérieur.
À 20 ans, il prend une décision forte : signer à la Juventus. Il y remporte la Serie A en 2019 et fait une apparition avec l’équipe première. Pour s’aguerrir, il est prêté à Dijon (8 buts en 28 matchs). Le vrai déclic, c’est Montpellier.
De 2020 à 2023, il s’impose en Ligue 1 : 96 matchs, 21 buts. Ailier qui provoque, qui casse une ligne sur 30 mètres, qui frappe.
En 2023, il retourne en Angleterre. Leicester City le recrute. Une saison pleine en Championship, puis en Premier League. Cet été, nouveau chapitre : Leicester descend en League One, Mavididi est prêté à Watford pour la saison 2026-2027, où il retrouve Edo Kayembe et Jeremy Ngakia.
International anglais des U17 aux U20, il n’a jamais porté le maillot des Three Lions chez les A. Éligible, il a finalement dit oui à la RDC en septembre 2026 pour les amicaux face à l’Ouganda, dans le cadre de la trêve internationale de septembre-octobre.
Pourquoi maintenant ?
Comme Pululu, comme Banzuzi, l’effet Mondial a pesé. La qualification historique des Léopards, le projet de Desabre qui s’est structuré, et un discours clair : pas un bouche-trou, mais une arme offensive de plus dans un groupe qui prépare l’après.
Un profil que la RDC n’a pas en nombre. Ailier des deux côtés, mais à l’aise à gauche pour rentrer pied droit, 1m84, 80 kg, Mavididi est un pur percuteur : 1 contre 1 assassin, pointe à plus de 34 km/h, capable de créer une occasion à lui tout seul.
Dans une attaque où Desabre a déjà Meschack Elia, Nathanaël Mbuku ou Théo Bongonda, il amène une autre variété : celle de l’ailier qui ne calcule pas, qui va au duel, qui attire deux défenseurs pour libérer un autre.
Son dossier FIFA est en cours de finalisation. Il est attendu pour les deux amicaux face à l’Ouganda (2 et 5 octobre).
À 28 ans, Stephy Mavididi n’arrive pas pour apprendre. Il arrive pour saisir sa chance. Enfin.
La Rédaction


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