Chez les Maghoma, les Léopards, c’est une histoire de famille.
Il y a d’abord eu Jacques. L’aîné. 25 sélections, CAN 2013, 2015, 2017, 2019, le milieu élégant passé par Sheffield Wednesday. Un cadre de la tanière pendant 9 ans.
Il y a maintenant Paris. Le petit frère. 14 ans de moins. Même sang, mêmes origines, même poste au milieu. Mais un parcours 100% anglais.
Paris Maghoma n’a pas grandi sur le sol congolais. Il est né le 8 mai 2001 à Londres, à Enfield. Comme son frère, il est Congolais par ses deux parents, biberonné à la culture congolaise à la maison, mais formé à l’école la plus exigeante : Tottenham Hotspur.
En 2017, à seulement 16 ans, il signe chez les Spurs. U18, U23, Youth League. On le décrit déjà comme le plus technique des Maghoma. En 2020, il franchit le pas et rejoint Brentford pour 250 000 euros. Pour s’aguerrir, il prend le chemin que tous les jeunes Anglais connaissent : les prêts.
AFC Wimbledon (18 matchs), MK Dons (20 matchs), puis le vrai déclic : Bolton Wanderers en 2023-2024, 45 matchs, 8 buts, 5 passes décisives. Il n’est plus le « petit frère de », il devient Paris Maghoma. Un box-to-box puissant, 1,84m, 74kg, capable de jouer 6, 8 ou 10.
Retour à Brentford, 8 apparitions en Premier League. Pas assez pour exister. Il décide alors de se relancer à Norwich City en janvier 2026.
Contrat jusqu’en 2029. Le bon choix : 17 matchs, 1 but, 5 passes, titulaire indiscutable dans l’entrejeu des Canaries.
Pendant ce temps-là, Jacques a pris sa retraite internationale. Le nom Maghoma a disparu de la liste des Léopards. Jusqu’à la convocation pour la trêve internationale de septembre-octobre.
L’histoire était trop belle pour s’arrêter. Parce que son grand frère a porté ce maillot avec fierté et qu’il a vu ce que ça représente.
Et parce que les Léopards mondialistes ne sont plus la même sélection que celle de l’époque de Jacques.
Sébastien Desabre le suit depuis deux ans. Le discours a fini par le convaincre : tu ne viens pas remplacer Jacques, tu viens écrire ta propre histoire. Avec un autre profil.
Là où Jacques était un créateur pur, Paris est un milieu moderne, hybride. Droitier, à l’aise des deux pieds, il casse les lignes balle au pied, il court, il répète les efforts (11,3 km par match à Norwich), propre à la relance (84% de passes réussies), capable de se projeter et de frapper de loin.
Dans une tanière où Sadiki s’est imposé comme patron, où Moutoussamy est la sentinelle, Paris arrive comme ce chaînon entre les deux : capable de défendre et de créer.
Il débarque non pas pour les éliminatoires de la CAN 2027, mais pour la double confrontation amicale face à l’Ouganda.
Seize ans après la première sélection de son grand frère, Paris Maghoma va à son tour découvrir la tanière.
Même nom, même sang. Nouvelle histoire.
La Rédaction


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