Le canal diplomatique reste ouvert malgré la brouille.
La ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a reçu, jeudi à Kinshasa, l’ambassadrice de Belgique en RDC, Roxane de Bilderling, pour un échange sur l’état des relations bilatérales, selon la cellule de communication du ministère.
Cette rencontre est la première réaction officielle de la diplomatie congolaise après des perquisitions menées le mercredi 14 octobre par le parquet fédéral belge à Bruxelles et dans le Brabant flamand et le Brabant wallon, dans le cadre d’une instruction pour blanchiment visant l’entourage familial de Félix Tshisekedi.
Au lendemain de cette action judiciaire, le Directeur de cabinet du Président, Anthony Nkinzo Kamole, avait demandé à l’ensemble des membres du Cabinet du Chef de l’État de s’abstenir jusqu’à nouvel ordre de tout contact direct ou indirect avec l’ambassade du Royaume de Belgique.
Une mesure interne inhabituelle, non motivée, qui a fait réagir le ministre belge des Affaires étrangères.
Contacté par Jeune Afrique, le chef de la diplomatie belge, Maxime Prévot, dit avoir « appris avec surprise l’interdiction émise par les hautes autorités congolaises » de tout contact avec l’ambassade.
« Aucune situation ne justifie interdiction. Nous sommes contraints d’en prendre acte et la déplorons profondément », a-t-il réagi.
Tout en espérant une mesure « extrêmement temporaire », le ministre assure que « d’autres canaux diplomatiques restent pleinement actifs » et réaffirme « l’attachement de la Belgique à l’excellence de ses relations bilatérales avec la RDC ».
Deux signaux contradictoires côté congolais donc : la fermeture à la Présidence, le maintien du dialogue aux Affaires étrangères, qui reste le canal officiel des relations entre États.
Pour rappel, le parquet fédéral belge a confirmé les perquisitions du 14 octobre sans communiquer d’identités ni de saisies, invoquant le secret de l’instruction et la présomption d’innocence.
L’affaire fait suite à une plainte déposée en juillet 2025 par des ONG du Katanga et d’anciens dirigeants de la Gécamines contre neuf proches du Président, soupçonnés de faits présumés de corruption et de blanchiment liés à l’exploitation minière dans le Haut-Katanga et le Lualaba.
Aucune inculpation n’a été annoncée à ce stade.
TOGE






