Dans une correspondance émise et réceptionnée lundi par le ministère de l’Intérieur, le Secrétaire général du LGD, Franklin Tshiamala, conteste frontalement la décision du VPM Jacquemain Shabani.
Ce dernier a pris jeudi un arrêté interdisant le fonctionnement sur toute l’étendue du territoire national de treize partis politiques de l’opposition, dont le LGD de Matata Ponyo.
Pour le LGD, la surprise est totale.
« Cette mesure, dont les motifs précis appellent des éclaircissements, suscite une vive préoccupation au regard de l’identité politique de notre parti, de son parcours républicain et de son attachement constant aux principes démocratiques », lit-on dans la correspondance.
Au-delà de l’émotion politique, le parti soulève un argument de droit. Il invoque la loi du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques, estimant qu’une décision de cette portée « devrait reposer sur des faits précis, établis et juridiquement fondés, et être accompagnée d’une motivation permettant au parti concerné de comprendre les griefs retenus à son encontre et d’y répondre par des voies appropriées ».
Le parti sollicite en conséquence « le réexamen de la décision portant interdiction de fonctionnement du LGD sur toute l’étendue du territoire national ».
Cette interdiction est intervenue dans un contexte de crispation politique autour de la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), le mouvement politico-militaire lancé par l’ancien Président Joseph Kabila et qui a absorbé l’AFC-M23.
Si Augustin Matata Ponyo n’est officiellement pas membre du FRN, il s’est affiché comme membre de « Sauvons le Congo », la plateforme politique portée par Joseph Kabila, à laquelle plusieurs figures de l’opposition ont adhéré.
Une proximité qui, selon plusieurs observateurs, aurait motivé la mesure. Dans son arrêté, le ministère évoque de manière générale des menaces à la sécurité nationale, sans détailler les griefs reprochés à chaque formation politique visée.
Gatien D. Kasongo






