C’est une escalade majeure dans la pression internationale sur Kigali. Ce mercredi, les États-Unis ont inscrit le ministère rwandais de la Défense et sa banque militaire sur leur liste noire.
L’annonce émane de l’Office of Foreign Assets Control, le bras financier du Trésor américain.
Deux entités sont ciblées : l’administration centrale de la défense rwandaise et la Zigama Credit and Savings Society, établissement financier historiquement lié à l’armée.
Washington justifie sa décision par ce qu’il présente comme la poursuite de l’appui militaire rwandais à la rébellion du M23 dans l’Est congolais.
Selon le communiqué, le ministère dirigerait le déploiement de milliers de militaires rwandais dans les deux Kivu, avec dotation en équipements, ravitaillement, appui logistique et encadrement.
L’administration américaine évoque également l’usage de moyens sophistiqués de défense antiaérienne et de brouillage, jugés dangereux pour le trafic civil.
La seconde cible, Zigama, est décrite comme la caisse de l’effort de guerre. Le Trésor l’accuse d’avoir servi de canal pour régler des commandes d’armement à l’étranger, pour organiser des mouvements d’or en provenance des zones tenues par les rebelles, et pour faire circuler des flux financiers estimés à plusieurs dizaines de millions de dollars au profit du M23 et de son ancienne façade politique, l’Alliance Fleuve Congo.
Le ton est volontairement politique. Dans son message, le secrétaire au Trésor Scott Bessent affirme que les États-Unis entendent faire respecter la parole donnée à Washington.
Il se réfère aux Accords pour la paix et la prospérité paraphés le 4 décembre 2025 par les présidents congolais et rwandais sous médiation américaine.
Pour Bessent, Kigali a manqué à ses engagements et doit désormais « mettre un terme à son soutien et retirer ses forces de l’Est ».
Sur le plan juridique, la mesure entraîne le gel immédiat de tous les biens et intérêts détenus aux États-Unis ou contrôlés par des ressortissants américains, ainsi que l’interdiction de toute transaction avec les entités listées.
Cette décision intervient après un premier train de mesures, le 2 mars dernier, qui visait déjà les Forces de défense rwandaises elles-mêmes.
Elle survient alors que le M23-AFC contrôle toujours de larges portions du Nord et du Sud-Kivu, malgré les processus de médiation en cours, et que le Front pour la refondation de la nation s’est présenté le 12 octobre comme successeur de l’Alliance Fleuve Congo.
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