La ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a présidé, vendredi au Musée national de la RDC à Kinshasa, l’atelier technique de vulgarisation, d’appropriation et de mise en œuvre de la Politique culturelle nationale, organisé avec l’appui du Bureau de l’UNESCO à Kinshasa.
L’administration publique de la culture, les corporations artistiques et culturelles ainsi que les professionnels des médias étaient réunis pour une même ambition : s’approprier ce nouveau cadre et préparer sa traduction en actions concrètes au bénéfice de l’écosystème culturel congolais.
Dans son intervention, la ministre Yolande Elebe a insisté sur le rôle de chacun. L’administration est appelée à faire de cette politique un repère pour le service public, les corporations à contribuer à structurer et organiser le secteur, et les médias à en rendre les enjeux accessibles au public.
L’enjeu est de clarifier les responsabilités, d’identifier les difficultés de mise en œuvre et de dégager des priorités concrètes pour les artistes, les professionnels et les communautés.
Cet atelier s’inscrit dans la continuité de l’ordonnance-loi du 12 mars 2025 portant principes fondamentaux relatifs à la culture et aux arts, dont le projet de loi de ratification a été adopté par l’Assemblée nationale le 8 mai 2025.
C’est une première historique depuis l’indépendance. La RDC, longtemps décrite comme un « géant culturel », du rayonnement de ses arts plastiques traditionnels à l’inscription de la rumba congolaise sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, en passant par l’écho mondial du festival Zaïre 74 en marge du combat Ali-Foreman, se dote enfin d’une boussole.
Pour le Gouvernement, sous l’impulsion du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et dans le cadre de l’action conduite par la Première ministre Judith Suminwa, il ne s’agit pas d’une formalité administrative.
La démarche vise à passer d’une culture d’aide à une véritable économie de marché, à faire de la culture un ciment pour l’unité nationale et la réconciliation, et à en faire un levier diplomatique pour le rayonnement international du pays.
À l’issue des échanges, les participants ont convergé vers des orientations opérationnelles qui ouvrent désormais la phase d’application.
Le financement du secteur, avec la mise en place d’un cadre de concertation associant les banques et les partenaires, la question centrale de la monétisation des œuvres musicales sur les plateformes numériques pour garantir la protection des créateurs, et enfin la traduction de la Politique culturelle nationale, de la Loi sur la culture et du Statut de l’artiste dans les quatre langues nationales - le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba - afin d’en assurer une appropriation inclusive sur l’ensemble du territoire.
Gatien D. Kasongo






