A l’approche d’une probable concertation politique en RDC, Majorité et Opposition affichent des positions qui se rapprochent sur la forme, mais divergent sur le fond.
Entre appel à l’union sacrée contre « l’agression rwandaise » et exigence de respect de la Constitution, le débat sur le dialogue s’intensifie.
« Parler comme des Congolais » face à la menace
Pour le camp au pouvoir, l’urgence est sécuritaire. Intervenant mardi lors d’un échange sur X, organisé par le journaliste Stanys Bujakera, l’ancien VPM de l’Intérieur Peter Kazadi a plaidé pour un rassemblement au-delà des clivages.
« Maintenant que les choses sont en marche, il est normal que nous puissions aller parler comme des Congolais, former un front contre l'agression rwandaise, parce qu'aujourd'hui notre pays est menacé », a-t-il déclaré.
L’élu de Mont-Amba s’est dit ouvert à tout, y compris à évoquer la gouvernance.
« S'il y a des problèmes de gouvernance qu'il faudra régler, nous allons les régler ensemble. Donc rien n'est interdit. Tout doit être mis sur la table et on va discuter comme des Congolais », a-t-il poursuivi.
Mais il pose une ligne rouge : « à l'exception des Rwandais et de tous ceux qui soutiennent le cahier de charge des Rwandais ».
Oui au dialogue, mais « pas pour consacrer un passage en force »
Du côté de l’opposition, Delly Sesanga, président d’Envol, ne ferme pas la porte. Mais il fixe des préalables.
« Si c'est un dialogue de sourds, on ne se retrouvera pas », a-t-il prévenu lors du même live sur X animé par Bujakera.
Pour Sesanga, la priorité est claire : « Le Rwanda doit aller dehors. Tous les pays étrangers qui sont sur notre sol doivent aller dehors ».
L’ancien député national distingue ensuite deux ennemis : « L'ennemi extérieur » et « l'ennemi intérieur ».
Il décrit ce dernier comme « celui qui viole les lois, qui s'assoit sur la loi fondamentale, qui cause le désordre. Et celui-là aussi doit être chassé dehors, par les voies légales ».
Sur la finalité du dialogue, Sesanga est ferme :
« Si le dialogue est entendu comme étant une messe pour consacrer un passage en force sur la base de la violation de la Constitution, je ne serai pas de la partie. Mais si le dialogue est entendu comme étant le lieu où on va discuter pour résoudre les problèmes du pays, et faire la réconciliation nationale de manière inclusive, je veux ».
Deux visions, un point de convergence
Au-delà des divergences, un point commun ressort : la nécessité de parler.
Le pouvoir veut un « front » national pour faire face à la pression extérieure et régler les questions de gouvernance « ensemble ».
L’opposition accepte de discuter à condition que ce ne soit pas pour « violer la Constitution » et que cela débouche sur une « réconciliation nationale inclusive ».
Reste à savoir selon quel format le dialogue se tiendra et avec quels participants.
Le sort des « pays étrangers sur notre sol » et la question constitutionnelle s’annoncent déjà comme les deux principaux points de friction.
Gatien D. Kasongo





