Un des principaux leaders de l'Opposition en RDC, Delly Sesanga ne met pas de tabou sur la table du dialogue.
Le président d’Envol estime que tout dialogue crédible en RDC doit être « inclusif » et réunir les groupes armés et l’ancien Président Joseph Kabila, accusé par son successeur, Félix Tshisekedi, d'être le parrain de la rébellion AFC qui est en coalition avec le M23.
L’ancien député national s’est exprimé mardi lors d’un live sur X, organisé par le journaliste Stanys Bujakera.
Pour Sesanga, l’inclusivité n’est pas une option. C’est une condition.
« L'inclusivité est une condition pour atteindre les objectifs du dialogue », a-t-il martelé.
Et pour lui, cela va loin :
« L'inclusivité doit amener autour de la table toutes les parties prenantes congolaises. Y compris ceux qui ont pris les armes, parce que sans doute, ils ont des raisons pour lesquelles ils ont pris les armes. Ils doivent nous expliquer ».
Le président d’Envol a levé toute ambiguïté en citant des noms.
« Je suis très clair. Autour du dialogue, toutes les parties prenantes doivent être là. Joseph Kabila, Nangaa, AFC/M23 et tous les autres. Les politiques, la société civile, tout le monde devrait se retrouver pour traiter des problèmes du pays », a-t-il déclaré.
Sa position semble être partagée par le pasteur Eric Nsenga, porte-parole de l'Église du Christ au Congo (ECC) qui joue le rôle de médiation aux côtés de l'Église catholique.
Lors d'un précédent live X de Bujakera, le pasteur a abondé dans le même sens que Sesanga :
« Nous ne disons pas que le groupe de Corneille Nangaa ne peut pas être écouté ».
Sesanga justifie sa position par l’efficacité. Pour lui, il est impossible de parler de paix sans les belligérants.
« Comment voudriez-vous traiter la question de la guerre si vous ne la discutez pas avec ceux qui la font ? », s’est-il interrogé.
Le pasteur Nsenga va dans le même sens et appelle à privilégier l’apaisement :
« Ceux qui sont à Goma, ce sont nos frères... Parmi eux, il y a des enfants du pays. Ensemble, en toute intelligence, nous pouvons chercher des voies et moyens... La cause est déjà là. La situation est déjà complexe. Ne cherchons pas à la compliquer davantage. Ceux qui ont pris des armes, ils ont leurs raisons. Ce n'est pas à nous de juger de la validité de leurs raisons ».
Reste à savoir si le pouvoir suivra sur ce terrain, tant il insiste sur un « dialogue résolument républicain ».
Cette position de « dialogue sans exclusion », défendue par Sesanga, s’oppose frontalement à la ligne du camp présidentiel, qui exclut « tous ceux qui soutiennent le cahier de charge des Rwandais ».
La question de la présence de Joseph Kabila et ses partisans ainsi que du M23 et de ses alliés à la table de discussion nationale s’annonce déjà comme la principale pomme de discorde des prochains jours.
Gatien D. Kasongo





