Le Conseil des ministres du vendredi dernier a validé l’adhésion de la RDC au Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE), basé à Cotonou.
Porté par le ministre des Finances Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, le dossier était sur la table depuis des mois.
L’argument qui a fait mouche est simple, les banques congolaises prêtent peu et prêtent cher parce qu’elles jugent le risque trop élevé. Le FAGACE est précisément l’outil créé par quatorze États du continent pour répondre à ce blocage.
Son métier n’est pas de décaisser des prêts. Il apporte sa signature. Concrètement, il garantit auprès de la banque une partie du crédit accordé à une entreprise ou à un projet public.
Si l’emprunteur fait défaut, c’est le Fonds qui couvre la perte. Cette caution panafricaine change tout, elle rend le dossier bancable et fait baisser le taux d’intérêt.
Kinshasa compte s’en servir sur deux fronts. Le premier est celui des PME locales, étouffées par un crédit rare et à deux chiffres, qui peinent à financer leurs équipements ou leurs stocks.
Le second est celui de l’État lui-même, qui cherche des ressources longues pour ses infrastructures en partenariat public-privé sans alourdir directement la dette souveraine.
Au-delà de la technique financière, l’adhésion est un repositionnement. En entrant au Fonds, la RDC, pourtant premier producteur mondial de cobalt, cesse d’être spectatrice de la finance continentale.
Elle obtient un siège au Conseil des gouverneurs pour son ministre des Finances et une place au Bureau indépendant d’évaluation pour la Banque centrale du Congo.
Le Gouvernement évoque même l’installation prochaine d’un bureau régional du FAGACE à Kinshasa.
Ce serait plus qu’un symbole, ce serait la preuve que le pays veut désormais peser sur les instruments qui financent l’Afrique, estiment des experts.
Gatien D. Kasongo






