Arrivé dans la capitale le 13 octobre pour suivre la riposte contre la souche Bundibugyo, Jean Kaseya, patron de l’agence sanitaire de l’Union africaine, a dénoncé une gestion « inacceptable » de l’enveloppe internationale.
À l’en croire, les bailleurs ont débloqué au total 926,66 millions de dollars au profit des structures chargées d’exécuter la riposte sur le terrain.
Au moment de faire les comptes, le tableau est maigre : à peine 200 millions ont laissé une trace comptable.
L’aveu vient d’une réunion convoquée par le Dr Kalambayi et la direction de l’INSP. Moins d’un tiers des organisations attendues s’est présenté.
Bilan : sur les 200 millions retrouvés, la moitié dormirait encore dans des comptes sans avoir été dépensée. Le reste, près de 700 millions, reste à localiser.
« Le docteur Kalambayi et le DG de l’INSP ont organisé une réunion à laquelle moins de 30% des agences d’exécution avaient participé. On a pu retracer 200 millions. Et sur ce total, à peu près 100 millions existent et n’ont pas été utilisés. Ça fait 700 millions de dollars à rechercher, et qui existent », a détaillé Jean Kaseya.
En faisant cette révélation, il s’est dit formel, son audit étant fondé sur des documents « précis » : correspondances diplomatiques et bandes sonores d’une rencontre du G20. Pas une estimation lancée en l’air, insiste-t-il.
L’opacité se double de cas jugés troublants. Selon AfricaNews, un virement de 50 000 dollars au bénéfice personnel d’un parlementaire du Haut-Uélé est évoqué, justifié comme appui à la sensibilisation.
Autre exemple, au Nord-Kivu, une facture de 345 000 dollars aurait été déposée par des élus locaux pour une action similaire.
Ce n’est pas une première alerte. Le 2 octobre déjà, le directeur général de l’INSP, Dieudonné Mwamba, notait que sur 94 structures agréées, seules 25 avaient daigné transmettre leurs justificatifs.
Le gouvernement dit vouloir serrer la vis. Le ministre de la Santé, Roger Kamba, annonce que les accréditations seront retirées et que la Direction Générale de Migration sera saisie contre les partenaires qui refusent de jouer le jeu.
Gatien D. Kasongo






