Malgré la refonte du M23, désormais fondu dans le Front pour la Refondation de la Nation (FRN) de Joseph Kabila, le gouvernement congolais n’entend pas revoir le cadre des pourparlers de Doha.
C’est le message martelé ce week-end par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, dans un entretien avec la presse.
Interrogé sur la suite du processus qatari après l’acte de Goma enterrant l’AFC, Muyaya a balayé l’idée d’un nouveau départ :
« Il est évident que rien ne change structurellement ou substantiellement ».
Pour Kinshasa, le FRN n’est qu’un changement de vitrine.
« Nous savons que le président honoraire était déjà créateur, à l’initiative de l’AFC depuis deux, trois ans maintenant. Qu’il sorte du bois, qu’est-ce qui change fondamentalement ? Les acteurs restent les mêmes, la nature du mouvement reste la même parce que c’est un groupe armé qui est appelé à disparaître au terme des discussions que nous avons ».
Doha maintenu sur trois volets
Par le biais de son porte-parole, Kinshasa dit rester ferme sur sa feuille de route sécuritaire :
« Nous restons fermes dans nos engagements pour régler les volets sécuritaires de la crise, notamment avec la résolution 2773 du Conseil de sécurité, l’accord de Washington, le protocole de Doha ».
Muyaya a détaillé la doctrine en trois pistes :
« Nous restons fermes dans nos engagements pour régler les volets sécuritaires de la crise, notamment avec le père, le Rwanda à Washington, avec le fils, M23 New Look de Kabila à Doha, mais aussi et maintenant le dialogue politique dont on parle ici à Kinshasa ».
Autrement dit, Doha reste le cadre des discussions directes avec la rébellion, tel que reconnu par l’accord-cadre du 15 novembre 2025 et rappelé par le Panel de l’UA le 7 octobre. Pour Kinshasa, le FRN hérite de plein droit des obligations de l’AFC-M23, dont le cessez-le-feu permanent.
Le porte-parole en a profité pour durcir le ton politique :
« En prenant la tête de ce mouvement supplétif, il [Joseph Kabila] a justifié sa condamnation à mort et les sanctions américaines. Tous ceux qui plaidaient pour sa participation au dialogue doivent se prononcer s’ils font le choix de la République ».
Le FRN exclu du dialogue national
Interrogé sur l’éventuelle inclusion du FRN dans le dialogue national qui se dessine, le porte-parole a fermé la porte :
« Toutes les questions liées au M23 rénové, au M23-Kabila, sont traitées dans le cadre de Doha... Tout ce qui concerne les volets sécuritaires de la crise c’est Washington et Doha. Pour ce qui concerne le dialogue national, le Président l’avait dit, il est hors de question d’amener dans ce dialogue ceux qui n’ont en réalité qu’un seul dessein : la prise de pouvoir par les armes ».
Gatien D. Kasongo






