Pendant quatre jours, Maputo a été la capitale africaine de la régulation des jeux d’argent à l’occasion de la 17e Conference annuelle de Gaming regulators Africa forum 2026 (GRAF).
Sous l’impulsion du ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, la République Démocratique du Congo a fait le déplacement avec une délégation de la Cellule de surveillance des jeux d’argent (CSJA).
L’objectif n’était pas de faire de la figuration, mais de présenter la nouvelle doctrine congolaise : mieux encadrer, mieux collecter, mieux protéger.
Le moment fort a eu lieu le 16 septembre. Invité sur le panel « La régulation à l’ère des données », Didier Bobwa Wese, responsable des systèmes d’information de la CSJA, a détaillé l’outil que Kinshasa est en train de déployer.
La RDC s’est dotée d’un système centralisé de monitoring. Concrètement, toutes les plateformes des opérateurs agréés et des services de paiement mobile sont progressivement interconnectées à un serveur de contrôle.
L’algorithme ne traque pas seulement le chiffre d’affaires. Il traque les comportements à risque : des dépôts trop fréquents sur une courte période, des mises qui explosent brutalement, les premiers signes d’un endettement.
« Protéger les joueurs avant de punir », c’est la philosophie assumée.
Second pilier défendu à Maputo : la protection des données personnelles.
La position de la CSJA est claire : collecte minimale, strict nécessaire, et surtout, hébergement sur le sol congolais.
Les données des joueurs congolais doivent être chiffrées et rester sous le contrôle des institutions nationales. Pas question de les laisser héberger à l’extérieur.
Une posture de souveraineté numérique qui a trouvé un écho auprès de plusieurs autres régulateurs africains confrontés aux mêmes opérateurs transfrontaliers.
D’où le troisième message de la délégation : l’appel à des standards communs. Face à des risques qui ignorent les frontières - blanchiment, addiction, évasion fiscale - la CSJA plaide pour un partage d’expérience et une harmonisation des règles à l’échelle africaine.
Au-delà de la technique, cette participation à Maputo s’inscrit dans la vision portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, consistant à faire du jeu un secteur légal, transparent, technologiquement maîtrisé et qui contribue enfin à l’intérêt général.
Pour Kinshasa, la réforme n’est plus une option. C’est un chantier économique et de santé publique.
Gatien D. Kasongo






